13/05/2011

[Le retour de la bande à bon dos]

par et publié par no procès en mai 2011

1. Une affaire qui commence secrètement

Le 12 février 2007, des dizaines de militants communistes, syndicalistes et antifascistes sont arrêtés dans plusieurs villes italiennes. La police italienne enquêtait sur une organisation clandestine, le Parti Communiste Politico-Militaire, qui éditait un journal clandestin, et envisageait des attentats contre une résidence et une chaîne de télévision de Berlusconi. Parmi les milliers de documents en tout genre, la police italienne trouve, enterrées dans le potager d’un des militants italiens arrêtés, les photos de quatre membres du Secours Rouge, une organisation de solidarité avec les prisonniers révolutionnaires.
La police italienne communique secrètement l’information à la police belge. Pendant un an et demi, celle-ci va espionner les 4 et leur entourage avec des moyens inouïs : caméras cachées devant les domiciles, interception des conversations téléphoniques et des mails, filatures, check de tous les voyages à l’étranger par scanning des listes des compagnies aériennes ferroviaires et routières, examen des anciennes communications (remontant jusqu’à 2004 dans un cas !), etc.

2. Les perquisitions, les arrestations

Devant l’absence totale de résultat de cet espionnage (reconnue officiellement dans le dossier), le juge d’instruction opte pour la « fuite en avant » et ordonne une vague de perquisitions et d’arrestations. A l’aube du 5 juin 2008, les commandos antiterroristes, cagoulés et l’arme au poing, défoncent les portes et procèdent aux arrestations. Les membres du Secours Rouge, mais aussi diverses personnes de leur entourage (y compris un mineur d’âge), sont menacés avec des armes. Une membre du SR est perquisitionnée, menacée d’une arme et embarquée alors qu’elle n’est même pas inculpée. En deux jours, 7 personnes seront interpellées (dont 6 membres du SR) et 6 seront incarcérées.
La police tente de révoquer les libérations conditionnelles sous prétexte que les conditions n’ont pas été respectées, mais les Tribunaux d’application des peines lui donneront systématiquement tort. Une campagne médiatique reprend les mensonges énormes distillés par la police (« des explosifs ont été trouvés », « la renaissance des CCC » etc.). Les interrogatoires révèlent que le principal intérêt des policiers est dirigé contre les activités du Secours Rouge. Les 4 sont invités par exemple à identifier, sur photo, des personnes ayant assisté à des meetings publics du SR. Les 4 refusent, comme ils refusent de répondre aux questions des enquêteurs et de décrypter les mails, ce qui est leur droit mais qui sera tout même évoqué comme éléments à charge.

3. La solidarité, les libérations et les suites judiciaires

Le 11 juin, et alors que le mouvement de solidarité prend de l’ampleur, et que les mensonges parus dans la presse les premiers jours sont mis à nu, la Chambre du Conseil décide de trois libérations. Contre l’avis du Parquet fédéral qui a fait appel en vain: le 26 juin, Abdel, Constant et Wahoub sortent de prison. Bertrand sera libéré le 29 juillet 2008.
Mais le parquet fédéral, qui s’est déjà tristement illustré dans l’affaire DHKP-C/Bahar Kimyongur, s’acharne. Il veut un procès et des condamnations. Une chambre du Conseil doit se réunir le 11 mai pour décider si il y a lieu d’organiser un procès contre les 4 du Secours Rouge.



11 mai 2011 - Bruxelles : Chambre du Conseil reportée sine die
C’est ce mercredi 11 mai à 14h, le président de la Chambre du conseil a donné suite à la demande des avocats de la défense à procéder à quelques devoirs d’enquête supplémentaires, l’enquête ayant été réalisée à charge... La juge d’instruction a un mois pour mettre en question ou accepter ces devoirs supplémentaires. Lorsqu’ils seront réalisés, une audience sur le fond sera fixée.
L’audience n’était pas publique mais un rassemblement de solidarité de plus de cent personnes a eu lieu à 13h00 sur les marches du palais de justice.


lire : "La bande à bon dos"

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