16/07/2008

[Belgique : la mondialisation à l’assaut de l’État nation]

par Karel Vereycken publié par Agoravox le 15 octobre'08

Politique d’empire et dissolution des nations, voici deux enjeux qui n’en font qu’un. La mondialisation, nouveau nom d’un empire mondial, consolide son pouvoir financier fort sur un morcellement vers le bas. Les États, peu importe leur imperfection, restent des instruments « de derniers recours » pour défendre l’intérêt général contre le pillage et le chaos au profit d’une oligarchie financière en pleine déroute.


Sans surprise, L’Economist, porte-parole des banques de la City de Londres et grand défenseur de l’Empire britannique, vient d’appeler, dans sa dernière livraison, à la dissolution de la Belgique. Politique d’empire et dissolution des nations, deux enjeux qui n’en font qu’un. La mondialisation, nouveau nom pour un empire mondial, consolide son pouvoir financier sur un morcellement vers le bas. A contrario, les Etats, quelles que soient leurs imperfections, restent l’instrument essentiel pour défendre l’intérêt général contre le pillage au profit d’une oligarchie financière.

La carte du fédéralisme et de la régionalisation réduisant l’espace politique à une entité culturellement, linguistiquement et économiquement homogène, a souvent été l’arme de l’oligarchie. Si le fédéralisme belge frise souvent la caricature à cause du casse-tête linguistique, un véritable champ de mines « régionaliste » a été installé sur l’ensemble de l’espace européen. Par exemple, « l’Etat de Bavière » possède depuis cinq ans sa propre représentation à Bruxelles. En Angleterre, Tony Blair a lancé en 1997 la « devolution » accordant des pouvoirs considérables au Pays de Galles et à l’Ecosse. Cette dernière dispose d’un véritable parlement doté d’un exécutif dirigé par un Premier ministre responsable devant 129 députés. Les 17 « communautés autonomes » d’Espagne gèrent 60 % des dépenses publiques des régions basque, catalane et de Galice. En 2006, les Catalans ont approuvé un statut qui reconnaît la Catalogne comme « nation » et lui accorde la moitié des impôts.

La monarchie belge, appelée à diriger ce pays après le Congrès de Vienne de 1815, a très souvent servi de laboratoire d’application de ces politiques de « balkanisation », transposées ensuite à l’ensemble des pays européens. Si les poussées indépendantistes flamandes possèdent des racines historiques internes bien réelles, une faction de l’oligarchie financière internationale a pris la décision d’accélérer le processus. Au moment où le système financier international se désintègre, le pouvoir des Etats doit être affaibli au maximum pour protéger la nébuleuse financière.

L’« évaporation » de la Belgique lèvera le tabou de la transgression des frontières, dont l’intangibilité fut considérée comme le fondement même de la paix dans l’après-guerre.

Loin de l’excitation à l’idée d’un possible éclatement du pays, affichée parmi les journalistes toujours en quête de sensationnel, une bonne majorité de Belges - Flamands et Wallons - flairent à juste titre la manipulation derrière cette question.

The Size of Nations

Trois opérations ont été lancées pour accélérer ce processus.

1) D’abord, une clique d’économistes réputés s’est spécialisée dans le calcul de la taille « optimale » des Etats. Il s’agit en particulier d’Alberto Alesina, d’Harvard, et d’Enrico Spolaore, de Tufts University. Ils ont des responsabilités au National Bureau for Economic Research (NBER) une institution privée financée exclusivement par les quatre fondations charitables directement mécènes de la secte néo-conservatrice américaine (Bradley, Scaife, Olin et Smith Richardson).

En dehors d’une avalanche d’articles sur le sujet dans la presse économique bien en vue (Economist, Frankfurter Algemeine, Wall Street Journal, etc.), Alesina et Spolaore ont publié en 2003 un livre retentissant, The Size of Nations [La taille des nations].

Pour les auteurs, les frontières d’une nation ne résultent pas d’un vouloir vivre en commun, mais de marchandages sur « les avantages de la taille et le coût » dans la gestion d’un territoire. Après avoir examiné les avantages qu’offre un grand pays (faible coût des services publics par tête, meilleure répartition de la pression fiscale, meilleure défense, etc.), les auteurs s’interrogent sur la richesse. Si un grand pays devrait en théorie être plus riche, ils affirment qu’en réalité « le volume des dépenses dans un pays dépend de l’ouverture de ce pays au commerce ». De là, évidemment, découle l’argument qu’un pays « intégré dans le marché mondial possède le monde comme marché » et que, par conséquent, « l’intégration économique conduit à la désintégration politique ». On saisit tout de suite pourquoi The Size of Nations est devenu le livre de chevet des indépendantistes flamands.

2005 : In de Warande

2) Un autre livre, Manifeste pour une Flandre indépendante, fut publié en décembre 2005 par le think-tank flamand « In de Warande », appelant, sur la base d’un argumentaire « purement économique », à la dissolution de la Belgique à l’image du divorce de velours qui a dissout la Tchécoslovaquie « à l’amiable » en 1992. Pour ces indépendantistes, s’il est souhaitable que Flandres et Wallonie deviennent des nations indépendantes, Bruxelles - aujourd’hui enclave à prédominance francophone dans la région flamande - obtiendrait un statut... du type Washington D.C.

D’abord, selon leurs calculs, les 6 millions de Flamands sont saignés à blanc par un transfert croissant de richesses qui maintient 3,2 millions de Wallons dans un état d’assistanat. La Flandre contribuerait ainsi à hauteur de 10,4 milliards d’euros par an : 2 milliards pour Bruxelles et 8 pour la Wallonie, soit près de 1 800 euros par an et par Flamand, ou 6,6 % du PIB flamand. Ce chiffre a été fortement revu à la baisse par la Fédération des entreprises belges (FEB) qui s’oppose au dépècement du pays.

L’exemple reste mal choisi car, à titre de comparaison, l’Île-de-France transfère 6 % de sa richesse aux autres régions françaises, tandis que Midi-Pyrénées reçoit 6 %. En Angleterre, le Pays de Galles reçoit 11 %, alors que l’Allemagne de l’Ouest ne verse qu’une misérable 4 % à l’ex-Allemagne de l’Est avec les résultats peu reluisants que l’on connaît.

« La solidarité est une bonne chose, explique le groupe, mais celle-ci est excessive. Elle permet à la Wallonie de maintenir un taux de chômage de 20 % et d’occuper 10 % de sa population active dans des emplois publics inutiles. »

Plus important que les statistiques est le fait que « In de Warande » reproduit l’argumentaire de The Size of Nations : l’Union européenne ne rend pas seulement possible l’indépendance des Flandres et de la Wallonie, elle les incite fortement à évoluer dans cette direction. D’une part, les autorités européennes se sont déjà substituées à l’autorité nationale belge dans divers domaines et offrent à chaque pays, aussi petit soit-il, un marché de biens et de services. L’introduction de l’euro a également levé l’obstacle qu’aurait pu constituer l’impératif monétaire d’un petit pays obligé de battre monnaie. D’autre part, le principe de subsidiarité incite l’UE à accorder plus de prérogatives à des niveaux d’administration plus homogène. C’est donc l’évidence : l’intégration économique conduit à la désintégration politique et la mondialisation réduira la taille des entités politiques.

Banquiers et indépendantistes

D’où sort donc ce groupe ? Fondé par René de Feyter, ancien administrateur délégué de l’Union économique flamande (VEV), « In de Warande » est constitué d’une cinquantaine d’hommes d’affaires dirigées par le banquier Rémi Vermeiren, ancien patron de la KBC Banque & Assurance, grand spécialiste des produits dérivés. Parmi ses nombreux mandats, il est administrateur, aux côtés du vicomte Etienne Davignon, d’une société minière spécialisée dans le cuivre, née d’une scission avec Umicore, l’héritière de l’Union minière de la Société générale au Congo belge.

Si l’on compte essentiellement parmi ses membres des hommes d’affaires, on y trouve également quelques figures historiques du mouvement indépendantiste flamand tel que Bruno Valkeniers, un élu du Vlaams Belang (ex-Vlaams Blok ou VB) ou encore l’universitaire Mathias Storme, qui tout comme Jan Jambon, est membre du parti politique Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), le nouveau nom de l’ancienne Volksunie.

Le N-VA a quasiment fait du livre The Size of Nations son programme électoral. Au colloque du parlement flamand « La Flandre en Europe », le 11 juin 2005 à Bruxelles, Enrico Spolaore (l’un des auteurs) ouvrait les travaux. Lors du débat, Bart de Wever, le président de N-VA, affirmait que « le romantisme est important, mais ne convainc pas les jeunes Flamands au XXIe siècle. Nous devons rationaliser notre discours », (c’est-à-dire parler à la cupidité bien moderne...). En tout cas, la démocratie chrétienne, en formant un cartel électoral avec le N-VA (forcément plus fréquentable que les « affreux » d’un Vlaams Belang xénophobe) a été entraînée dans le maelström du séparatisme. En Flandres, le cartel CD&V/N-VA, sous la direction d’Yves Leterne, a obtenu d’excellents scores aux élections de 2004 et fut le grand vainqueur aux élections fédérales du 10 juin 2007. Cette victoire a conduit le roi à désigner, pour former un gouvernement, Yves Leterne, un homme qui affirme que la Belgique n’est qu’un « accident dans l’histoire » et qui chante La Marseillaise quand on lui demande d’entonner l’hymne national...

Bye-Bye Belgium

3) En face, en image miroir, ces développements ont provoqué le désarroi parmi les politiciens wallons divisés entre fédéralistes, indépendantistes et rattachistes ultra minoritaires, mais influents.

Peuplée de cobayes humains, la Belgique offre assez souvent à l’oligarchie un laboratoire permettant des expériences sociologiques, grandeur nature et en temps réel. Ce fut le cas lors de la scandaleuse émission de « politique-fiction » de la télévision francophone RTBF du 13 décembre 2006, intitulée Tout ça (nous rendra pas la Belgique).

L’ayant préparée durant deux ans dans le plus grand secret sous les noms de code « Karine et Rebecca » et « BBB » [Bye-bye Belgium], les journalistes du JT annonçaient, images truquées à l’appui, que le parlement flamand venait de voter sa sécession d’avec le royaume de Belgique, provoquant plusieurs milliers d’appels téléphoniques et forçant l’intervention du ministère qui découvrait l’émission après coup.

Le scénario était calqué sur celui du livre de Philippe Dutilleul, publié lui aussi en 2006 aux éditions Labor, la prestigieuse maison d’édition francophone belge. Labor, qui publie Bakounine et Michel Onfray, édite aussi les livres du rattachiste militant, le baron Paul-Henry Gendebien. Cet ancien député belge fut une des figures historiques du fédéralisme en Belgique. Dans France-Soir, il déclara qu’il est sûr que la Wallonie trouvera dans la France un bon pays d’accueil car « par le passé, plusieurs personnalités se sont prononcées en faveur de l’intégration au cas où la Belgique disparaîtrait, des gens comme le général de Gaulle ou Pierre Mesmer. Aujourd’hui, nous avons des contacts avec des responsables politiques de droite ou de gauche. La France respecte pour le moment sa position classique : non-ingérence, mais non-indifférence, comme pour le Québec. La classe politique française ne pourra pas longtemps faire semblant d’ignorer ce qui se passe à sa frontière, et elle doit déjà se préparer aux différentes hypothèses. Je pense même que ce sera le dossier principal de la présidence européenne de Nicolas Sarkozy qui commence en 2008. » Dutilleul, interrogé à son tour par France-Soir, va encore plus loin et n’exclut pas le rattachement de la Wallonie au Luxembourg, soit comme un tout, soit partiellement, selon la volonté des habitants.

L’Economist de Londres, qui a bien accueilli The Size of Nations, constatant cyniquement l’impasse survenue après trois mois d’efforts en vue d’un nouveau gouvernement belge, affirme sans rougir que « le pays est devenu une monstruosité de la nature, un Etat où le pouvoir est tellement sous-délégué que le gouvernement est un vide que l’on tient en horreur. En bref, la Belgique a servi son objectif. Un divorce praline est à l’ordre du jour ».

Il est temps de lire ou de relire Friedrich Schiller

La vraie question aujourd’hui n’est pas l’indépendance ou le statu quo, mais quelle mission pour nos populations. Allons-nous participer à une reprise économique mondiale remettant l’homme au centre de notre société, ou devenir une myriade de sous-régions « low cost » en compétition les unes avec les autres au grand bénéfice d’une oligarchie à la dérive.

Au lieu de courber l’échine devant les tenants de l’empire de la mondialisation, présentons un grand dessein pour ce pays qui fut l’un des berceaux de l’humanisme, qui est riche en productivité et qui a toujours été un espace de dialogue de cultures et de civilisations.

Relisez le grand « poète de la liberté », l’Allemand Friedrich Schiller, qui, dans une annexe à son essai sur « la révolte des Pays-Bas » (La Chute d’Anvers), démontra déjà comment la cupidité de quelques marchands flamands avait fait échouer la naissance d’un grand Etat nation à la fin du XVIe siècle.

Karel Vereycken

(1) The Size of Nation

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08/07/2008

[Edvige is watching you]

par Dedalus, publié par Agoravox le 8 juillet'08

Un décret publié le 1er juillet 2008 au Journal officiel institue un nouveau fichier dénommé Edvige, organisant le fichage généralisé et systématique de « toutes personnes âgée de 13 ans et plus » « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». En clair, tous les citoyens ayant un jour souhaité s’investir pour leur cité !

Le 27 juin 2008, en France, le décret n° 2008-632 officialise la « création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé Edvige ». Il s’agit en particulier :
  • dans l’article 1 - De centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs responsabilités ;

  • dans l’article 2 - les catégories de données à caractère personnel enregistrées dans le traitement mentionné à l’article 1er et concernant des personnes physiques âgées de 13 ans et plus sont les suivantes :

    • informations ayant trait à l’état civil et à la profession ;

    • adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;

    • signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ;

    • titres d’identité ;

    • immatriculation des véhicules ;

    • informations fiscales et patrimoniales ;

    • déplacements et antécédents judiciaires ;

    • etc.

La création de ce fichier est une scandaleuse atteinte aux libertés individuelles. Nous entrons là tout bonnement dans l’ère de la suspicion généralisée. Un homme ou une femme ne sera plus fiché après avoir commis un crime ou un délit, mais parce que, au motif qu’il s’est citoyennement impliqué, il devient suspect de pouvoir un jour porter atteinte à l’ordre public. Le coup est dur pour la démocratie, tant il est aisé d’imaginer les dérives totalitaires inhérentes à un tel dispositif. Les réactions sont à la hauteur de la gravité de la situation qui est ainsi créée :

Pour la Ligue des droits de l’homme, "il ne s’agit plus (...) de ficher les auteurs d’infractions constatées, mais, comme pour la rétention de sûreté, de cibler ceux que l’on étiquette d’avance comme de futurs délinquants hypothétiques. Le soupçon préventif suffit à justifier le fichage".

Pour le Syndicat de la magistrature, "cette dimension nouvelle du fichage politique introduit, au prétexte toujours bien commode de l’ordre public, un moyen puissant de dissuasion de toute forme de contestation ou d’opposition citoyenne" et parle d’un "fichier d’inspiration anti-démocratique".

Du côté de la CGT, on dénonce "une démarche portant atteinte aux libertés individuelles et collectives", tandis que le SNPES-FSU, principal syndicat de la protection judiciaire de la jeunesse, souligne le fait que "sans qu’aucune infraction ne soit commise, des mineurs dès 13 ans seront fichés en raison de leur ’activité’ individuelle ou collective, sans aucune définition ni encadrement juridique de cette activité". Pour ce même syndicat c’est "la répression de l’action politique et syndicale et sa pénalisation éventuelle qui s’organisent".

Et l’Union syndicale solidaires enfonce le clou : "Après un arsenal de lois liberticides, prévention de la délinquance, peines planchers, rétention de sûreté, lois sur l’immigration..., après un train de réformes anti-sociales (retraites, protection sociale, chasse aux chômeurs...), le gouvernement se dote clairement de l’outil de contrôle et de dissuasion des éventuelles résistances à ces mesures. En fichant les individus susceptibles de porter atteinte à l’ordre public (donc nul besoin de fait avéré, la suspicion suffit) à partir de 13 ans, le gouvernement choisit une nouvelle fois la réponse sécuritaire à une dégradation générale de la situation sociale et aux résistances collectives".

Combien de temps les Français vont-ils supporter ça ? Quand allons-nous vraiment nous réveiller ? Ils argumenteront, joueront les naïfs, nous diront que c’est là le prix dérisoire de notre sécurité à tous, qu’il nous faut à la fin savoir ce que l’on veut. Pourtant, l’engrenage est connu. Nous savons à quoi toujours ont mené ces petits renoncements à nos libertés, ces petites concessions successives consenties en échange de la promesse de plus de sécurité. Nous savons vers quoi nous nous dirigeons lorsque nous nous laissons conduire par la peur et par ceux dont nos peurs sont le fonds de commerce, ces marchands de sécurité qui nous imposent de nous taire pour nous protéger. Oui, nous les connaissons bien, pourtant, les germes du totalitarisme.

Je les entends déjà, ceux qui parleront de dramatisation excessive, de diabolisation et d’antisarkozisme primaire. Car tout le monde le sait bien, Sarkozy est un démocrate, il ne va pas soudain se muer en dictateur. Sans doute, peut-être, et puis on ne peut jamais jurer de rien ni de personne. Mais surtout, si ce n’est lui, ce sera son successeur, ou le successeur de son successeur. Peu importe quand cela se produira, car quand cela se produira c’est que tout aura déjà été mis en place, qu’il ne suffisait plus que d’actionner les boutons.

C’est que la dictature se nourrit de l’orgueil de la démocratie et des petits arrangements successifs qu’elle prend avec elle-même, persuadée qu’elle est qu’elle durera toujours et que le pire ne saurait survenir qui l’abolirait. C’est que ces petits arrangements, ces petites concessions que l’on supporte, elles ne sont rien d’autres que les métastases de la démocratie, son cancer qui progresse.

Source originelle de l'article

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04/07/2008

[I.Betancourt libérée suite à des transactions avec les FARC]

par "eitb" le 2 juillet'08

Ingrid Bétancourt et 14 autres otages ont été libérés par une opération de l'armée colombienne, suite à une rencontre la veille entre le nouveau chef des Farc, le Français Noel Saenz, et un diplomate suisse.

L'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, les trois otages Américains et onze militaires colombiens ont été libérés lors d'une opération héliportée de l'armée colombienne, a annoncé ce mercredi soir à Bogota le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos.

Onze militaires colombiens, principalement des officiers, ont également pu retrouver la liberté lors de cette opération, menée dans la province de Guaviare, dans le sud-est de la Colombie, selon le ministre.
Les otages auraient été libérés lors d'une opération militaire d'infiltration des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), a précisé le ministre de la Défense.

Ingrid Betancourt, 46 ans, ex-candidate écologiste à la présidence de la Colombie, était otage des Farc depuis plus de six ans.

Ce que l'on sait déjà de la libération d'Ingrid Bétancourt

Plus qu'une opération militaire qui relèverait d'un scénario de thriller militaire, cette libération serait donc survenue après de discrètes transactions menées la veille entre deux émissaires européens, Noel Saenz (ex-consul français en Colombie) pour la France et Jean-Pierre Gontard pour la Suisse : le gouvernement colombien vient effectivement de confirmer qu'une rencontre avait eu lieu dans la nuit du 30 juin au 1er juillet avec Alfonso Cano, le nouveau Chef des FARC, dans les montagnes

A la radio colombienne, le Secrétaire de Presse du Gouvernement César Mauricio Velásquez avait confirmé aujourd'hui la présence des deux délégués européens pour la prise de contacts avec le leader des FARC, Alfonso Cano, pour trouver "un accord humanitaire".

Une rencontre que le Ministre des Affaires étrangères a lui aussi confirmée dans la journée, ce qui signifierait une victoire importante de la diplomatie européenne dans ce dossier embourbé depuis de longues années.

Arrivés une semaine auparavant dans la plus grande discrétion (pour une fois), seul le Ministre de la Paix aurait été tout d'abord informé de cette mission suivie de près également par l'Espagne.
L'échange des otages aurait pu être négocié contre l'asile politique en France et une prime importante.
En France, l'Assemblée Nationale, mais aussi la plupart des Chefs d'Etat européens et latino-américains ont accueilli avec joie et soulagement la nouvelle de cette libération.

Pour l'instant, le Président colombien préfère s'en tenir à la version d'un audacieux sauvetage d'infiltration.

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03/07/2008

[Les FARC avaient annoncé la libération des otages...]

par Pascual Serrano, publié par Vive TV Venezuela [traduction google - version originale en espagnol] le 3 juillet'08

Les FARC avaient prévenu des délégués délégués européens de leur volonté de libérer les otages.


Bien que le ministre de la Défense colombien Juan Manuel Santos, a présenté comme une brillante opération de renseignement militaire de libération d'Ingrid Betancourt et de quatorze autres enlevés par les FARC, la réalité est qu'il a été précisément lorsque deux délégués européens, Suisses et français Noël Saez Jean-Pierre Gontard, avait pris contact avec les dirigeants de la guérilla à la libération. Les FARC ont déjà fait part de son intention à cet égard, et le gouvernement avait autorisé les contacts, qui est étroitement surveillé.

Le Juillet 1, un communiqué lu par la presse colombienne exécutif secrétaire du palais présidentiel, Cesar Mauricio Velasquez, a noté que deux délégués européens se sont joints aux derniers jours en Colombie et a demandé au gouvernement l'autorisation de se rendre à cette réunion directement avec le secrétariat (dôme) des FARC, que le gouvernement l'autorisation.

En outre, le quotidien espagnol El Pais cette question reflète le même jour 1:

Bogota a autorisé la réunion de deux négociateurs européens à discuter des conditions pour les prochaines réunions pour discuter de l'avenir des personnes enlevées par les FARC, selon les médias colombiens ont signalé. L'ancien consul français à Bogota, Noël Saenz et le diplomate suisse, Jean-Pierre Gontard a quitté début de week-end dernier à un point de rencontre dans les montagnes que le gouvernement n'a pas fourni et pourraient avoir déjà rencontré des membres du Secrétariat la guérilla, le principal organe directeur, et même avec le nouveau dirigeant des FARC, Alonso Cano.

Selon ce journal:

Les FARC se sont déclarés prêts à racheter une participation de 40 personnes enlevées, y compris Betancourt (avec aussi la nationalité française), trois Américains, ainsi que d'autres hommes politiques, des policiers et des membres de l'armée colombienne, pour près de 500 guérilleros emprisonnés. Parmi les prisonniers qui aspirent à échanger les FARC, sont trois extradé vers les États-Unis. L'un d'entre eux, Ovidio Ricardo Palmera, Simon Trinidad.

Selon quotidien français Le Figaro, les émissaires français, Noël Saez, et la Suisse, Jean-Pierre Gontard, se sont réunis en dernier dimanche ou lundi dans la jungle colombienne avec une personne à côté du nouveau chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie ( FARC), Alfonso Cano.

Déjà deux semaines avant, des sources proches de Elysee indiqué que la France avait pris contact avec le nouveau secrétariat des FARC, tandis que l'ambassadeur de France en Colombie a nié ensuite.

En Colombie, journal El Tiempo, proches du gouvernement, a reconnu que deux délégués internationaux auraient pu être réunis avec Alfonso Cano:

Les gestionnaires sont le français et suisses Noel Saez Jean-Pierre Gontard, autorisé par le gouvernement pour les efforts avec le groupe subversif qui cherchent à libérer les otages.
Une source de la Casa de Nariño a confirmé que "depuis il ya trois jours, les deux Européens ont commencé le voyage de concrétiser la réunion" dans une zone non identifiés.

La même source n'a pas l'article qui a été la rencontre avec le chef de guérilla qui remplacé Manuel Marulanda Velez "Tirofijo", qui est mort Mars dernier.

Cela signifie que les canaux de communication les FARC, pratiquement fermé après la mort de "Raul Reyes" dernière première de Mars, ont commencé à ouvrir à nouveau.

Gouvernement a donné des assurances

"Le gouvernement est d'assurer les deux animateurs progrès vers ces contacts. Ils ont eu égard aux installations pour lesquelles la réunion a été couronnée de succès», at-il déclaré.

Depuis la Casa de Nariño a également indiqué que les deux diplomates les iban une demande aux FARC d'accepter la proposition d'une réunion zone pour l'initiation de dialogues sur un éventuel échange humanitaire.

La version du gouvernement colombien sur cette publication est que les militaires infiltré la guérilla avait trompés le commandant des FARC César pour se concentrer en attente et les télécharger sur un hélicoptère qui s'est avérée être camouflé armée, en donnant l'impression que la guérilla commande est dirigée à l'endroit où a été Alfonso Cano, chef maximale des FARC. La question qui pèse sur cette version est de savoir si la guérilla garde les personnes enlevées avaient déjà des lignes directrices pour une libération imminente, et, par conséquent, sa facilité et naïve volonté de collaborer à un tel transfert suspect. Ou dans quelle mesure la libération avait déjà été convenu entre les dirigeants des FARC et les médiateurs envoyés par la France et, à la dernière minute, l'armée colombienne a intercepté la version à être présentée comme une opération militaire réussie.

En réalité, il serait une opération similaire à celle où l'attentat s'est produit à Camp Raul Reyes en Équateur. A cette occasion, le gouvernement colombien savait que se préparait la libération, préférant éliminer militairement la guérilla porte-parole communiqué que, bien que l'avortement, que, dans ce cas les pilotes avaient intercepté à présent la libération comme un succès que militaires et le gouvernement.
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