27/12/2008

[Insolite face-à-face entre ouvrières et actionnaires]

Par François Ruffin publié par le Monde Diplomatique Aout '08

Chez LVMH, le géant du luxe

Insolite face-à-face entre ouvrières et actionnaires

Les négociations dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour une libéralisation supplémentaire des échanges internationaux n’y changeront rien : l’économie occidentale semble menacée par une nouvelle récession. Et cela en dépit des dépenses massives du gouvernement américain, lequel, nonobstant le postulat qui voudrait que les marchés se régulent eux-mêmes, vole au secours de banques privées en cessation de paiement et du marché de l’immobilier, en chute libre. Cette crise s’accompagne d’une oscillation permanente des prix des produits alimentaires et des matières premières, en premier lieu du pétrole, qui rend plus précaire encore le sort des plus démunis, mais aussi des couches moyennes. A l’intérieur même des cercles dirigeants s’élèvent des voix pour remettre en cause le fameux « laisser-faire » des années Reagan et Thatcher. Le système est contesté et le « consensus social » se fendille : grèves à répétition en Côte d’Ivoire ou au Cameroun, émeutes de la faim à Haïti ou en Egypte, invasion de la Bourse de Karachi par de petits porteurs de titres... En France, des ouvrières n’ont pas hésité à porter la contestation au sein même des assemblées d’actionnaires.

« S’il vous plaît. On va s’écouter. »

Il y a du brouhaha dans la cantine de l’Entreprise de commercialisation et de confection européenne (ECCE). A la sonnerie, toutes les couturières sont descendues de l’atelier, avec leur dé au doigt, leur mètre enroulé comme une écharpe autour des épaules.

« On va vous parler de la réunion d’hier à Paris, démarre Mme Marie-Hélène Bourlard, la déléguée CGT [Confédération générale du travail]. Donc ils nous ont remis un document, et Poix-du-Nord, maintenant, il est éliminé complètement. Donc ça, on ne l’accepte pas. Pour eux, le 15 septembre [2007], on ne parle plus de nous.

— Han han, gronde la salle, inquiète.

— Alors, est-ce qu’on va se laisser mettre dehors gentiment ? reprend l’oratrice.

— Naaaan !

— Donc, avec les copines, on prépare quelque chose, mais on ne peut pas dévoiler notre plan. Ça doit rester secret pour l’instant. »

Dans leur usine près de Valenciennes, Marie-Hélène et ses cent quarante-six collègues fabriquent, notamment, les costumes pour hommes de Kenzo. Qui sont vendus environ 1 000 euros pièce, soit leur salaire mensuel, à peu près, à ces dames. Mais elles gagnent encore trop, apparemment : Kenzo veut délocaliser sa production en Pologne, de quoi ramener le « coût de la main-d’œuvre de 100 euros à 40 euros dans le produit fini ».

On connaît ce refrain par cœur. Le même est seriné chez Goodyear, Moulinex, Airbus, Lee Cooper, etc., depuis deux décennies.

Sauf que Kenzo, c’est LVMH.

Et LVMH, c’est Bernard Arnault.

Et Bernard Arnault, c’est alors la première fortune de France.

Une aubaine...

On avait joué à ça, un midi, dans leur local syndical, pendant qu’elles dégustaient leur gamelle : au « juste prix ».

« Vous savez combien il gagne, Bernard Arnault ?

— Arrêtez, vous allez nous écœurer ! me reproche un chœur.

— Trois millions d’euros, évalue Marie-Hélène, informée.

— Trois millions d’euros, c’est son salaire, c’est exact. Mais cette année, il a aussi touché 335 millions d’euros de dividendes.

— Ah, j’ai oublié les dividendes. C’est vrai que nous, on ne connaît pas ça, les dividendes.

— Maintenant, son patrimoine. Vous, vous possédez votre maison ?

— Non, bah non, justement, j’ai été séparée, témoigne une ouvrière. J’ai été obligée de revendre ma maison parce que je me suis séparée et la maison n’était pas encore finie de payer. Donc j’avais des difficultés, je devais payer deux loyers...

— Alors vous avez quoi, comme patrimoine ? Une voiture ?

— Je suis bien obligée d’avoir un moyen de locomotion, parce que le bus, il ne passe pas. Une Renault 21, même plus cotée à l’Argus.

— Voilà pour vous. La fortune de Bernard Arnault, à combien vous l’estimez ?

— Est-ce que tout est bien déclaré, d’abord ? demande Marie-Hélène, soupçonneuse.

— Allez-y, lancez un chiffre.

— Cent millions d’euros ! proclame la même.

— Moi je dirais en milliards, corrige la secrétaire du CE [comité d’entreprise], pas en millions.

— On est en euros, alors c’est des millions, pas des milliards ! la raisonne Marie-Hélène.

— Si si, je confirme, c’est bien en milliards d’euros. Dix-huit milliards d’euros. Et d’après le magazine Forbes, sa fortune s’est accrue de 3 milliards en un an...

— On se les représente même pas, nous autres, des sommes pareilles. »

Justement, je confie une calculette à la trésorière du comité d’entreprise. Elle inscrit les gains du PDG [président-directeur général] cette année : « Mais y a trop de zéros à 3 milliards, ça ne rentre pas sur l’écran. » Elle divise par leur salaire annuel, et on obtient : « 230 769. »

On déroule une frise historique, on remonte jusqu’à Jeanne d’Arc, Jésus-Christ, l’invention de l’écriture, jusqu’au néolithique. « 230 769, ça fait comme si on cousait depuis l’âge des cavernes ! »

Et ce sont elles, donc, d’après Bernard Arnault, qui coûtent trop cher.

« Delphine et Alessandro : grand mariage à la française », avait affiché à sa « une » Paris Match, en septembre 2005. « Pour le bonheur de sa fille, Bernard Arnault reçoit au château d’Yquem princes, stars et barons de la finance. » Et il avait offert à sa chérie une robe aux « 165 mètres d’organza dégradé du blanc au rose pâle, orné de cristal et de fils d’argent, brodé de roses anciennes », tandis que « le nouveau souverain pontife, Benoît XVI, avait envoyé sa bénédiction papale et un message personnel aux mariés », avant que le couple n’entame « son voyage de noces à Los Angeles, Hawaï, aux îles Fidji puis Las Vegas, où les mariés iront écouter un concert d’Elton John (1) ».

La même année était décidée la délocalisation d’ECCE. Mais ce contraste ne suscitait guère de colère, à l’époque, à Poix-du-Nord. Peu de salariées tiraient un trait d’union entre cette hyperbourgeoisie triomphante et leur propre condition.

Pourquoi ?

D’abord, peut-être, parce que la sous-traitance faisait écran : elles menaient leur combat contre « Devaux », le patron de leur boîte, « Exterminateur Conspirateur Contre les Emplois », et non contre le donneur d’ordres, LVMH. Ensuite, à cause d’une rupture géographique. Riches et pauvres n’habitent plus le même lieu. Les premiers se réservent des quartiers dans les grandes métropoles, disposent de villégiatures dans des zones protégées : une « superbe maison dans la résidence des Parcs » à Saint-Tropez pour Bernard Arnault, son « bel hôtel particulier du VIIe arrondissement » à Paris « regorgeant d’œuvres d’art » (avec une « piscine intérieure qui complète l’ensemble »), son « palace au sommet, un refuge d’exception » à Courchevel, « dans la station où ses enfants ont appris à skier », son « superbe yacht de 70 mètres de long, Amadeus, rebaptisé ainsi en l’honneur de Mozart (2) ». Tandis que les autres, les modestes, les travailleurs, sont relégués à la périphérie, dans les campagnes ou les banlieues. S’ils aperçoivent l’opulence des nantis, ce n’est que subrepticement, par médias interposés, par l’image d’un yacht dans les eaux maltaises, par des sommes qui se chiffrent en milliards. Une information noyée parmi mille autres. Que les vaincus ne rattachent que confusément à leurs propres privations.

L’opération du « juste prix » avait pour mérite de chasser ce « confusément ». De nommer l’ennemi. Restait à lui porter un coup...

« Je vais prendre le micro du chauffeur. »

Alors que le jour se levait sur leur usine, les travailleuses sont descendues d’un car pour monter dans un autre. Elles roulent maintenant vers une destination inconnue. Mais Marie-Hélène va lever ce voile de mystère :

« Alors, aujourd’hui, nous allons au palais du Louvre.

— Aaaah ! s’exclament ses camarades.

— C’est-à-dire qu’aujourd’hui, c’est une journée exceptionnelle chez LVMH : c’est la journée des actionnaires, donc ils se rassemblent dans une salle, donc y aura sûrement Bernard Arnault.

— Aaaah !

— Donc nous allons manifester sans nous bagarrer, nous allons démontrer à LVMH que nous, on veut que la société elle continue. Nous, on ne veut pas aller en Roumanie... Ni en Pologne... Nous, on a travaillé là des années, donc on veut rester là. Il faut absolument qu’on se fasse entendre. »

Des applaudissements, des « bravo Marie-Hélène ! » accueillent le mini-discours. Les salariées entonnent Le Chiffon rouge :

« Compagnon de colère,
compagnon de combat,
toi que l’on faisait taire... »

C’est un chœur uni, aujourd’hui. Mais, dans six mois, cette voix collective éclatera, déchirée entre les préretraitées, les reclassées sur le site voisin de Prouvy, les « en formation », les « sans solution », les déprimées dans leur foyer. « Ils cassent tout, de toute façon ! constate Gloria, dépitée. Quand tu vois qu’ils passent, devant toi, pour ramasser les machines qui vont s’en aller. Ils mettent un papier dessus : “A garder”. Alors que l’ouvrière est encore à sa machine. “A garder”, mais à garder la machine, pas l’ouvrière... »

L’autoroute. Le périphérique.

On approche de Paris, et Marie-Hélène s’inquiète. Bientôt, elle, la cégétiste, la « rouge », va se retrouver dans la gueule du loup. Seule parmi les rentiers, les possédants, les pleins aux as. « Ma banquière, elle m’a regardée tout bizarrement, s’amuse-t-elle : “Une action, vous n’en voulez pas plus ? — Non, juste une. — C’est pas votre genre, elle m’a fait remarquer. — Faut changer, dans la vie, je lui ai répondu. Maintenant, je vais être actionnaire !” »

Les salades de l’« actionnariat salarié », elle n’en croit pas un mot. Simplement, vous avez beau travailler depuis trente-trois ans dans une entreprise, au moment des choix stratégiques qui déterminent votre avenir et celui de vos collègues, et un peu aussi celui de vos enfants, vous n’aurez pas voix au chapitre. Ou alors, pour discuter des « mesures d’accompagnement ». Mais que vous possédiez une action, « juste une », et vous pouvez voter, et prendre la parole en AG [assemblée générale].

On appelle ça « démocratie actionnariale ». Comme si la « démocratie » avait déserté les urnes, geste politique sans suite économique dès lors que les principaux partis s’accordent sur l’Europe du libre-échange, la concurrence libre et non faussée, la libre circulation des capitaux et des marchandises. Comme si la « démocratie » avait si bien déserté les urnes, donc, qu’elle résidait désormais là, dans le suffrage ultracensitaire des AG d’actionnaires.

— C’est Louis qui m’a donné cette idée.

C’est un petit actionnaire militant, lui. Enfin, je veux dire : un militant des petits actionnaires.

J’avais rencontré cet ingénieur retraité dans sa maison du Poitou, où il entrepose les rapports des sociétés. D’épais dossiers qu’il épluche pour surveiller, au-delà de leur rentabilité, les investissements réalisés, l’endettement subi, et aussi la rémunération des PDG. Entre deux verres de cidre, il racontait ses exploits : « Chez Vivendi, au cours de l’assemblée générale, dans son laïus introductif, M. Jean-René Fourtou a dit qu’il n’avait aucune retraite-chapeau. Et je me suis levé, parce qu’on ne voulait pas me donner le micro, j’ai tendu le document de référence en lui disant que ce n’était pas vrai...

— Y avait des problèmes de sonorisation, avec le micro ?

— Je peux vous dire, chez Vivendi Universal, j’avais un garde du corps, un homme très gentil, un Asiatique, qui ne disait pas un mot, mais chaque fois que je me levais pour demander un micro, il me tirait par ma veste pour que je me rasseoie ! J’ai l’habitude de ces bras de fer, j’ai réussi à prendre la parole... »

Mais le plus gros « salaire » du CAC 40, à l’époque, c’était Lindsay Owen-Jones, chez L’Oréal. Que Louis acceptait volontiers : « Lorsque j’ai acheté mes actions L’Oréal, et que je regarde le prix de mes actions aujourd’hui, j’ai réalisé une plus-value considérable. Donc, moi, petit actionnaire, je dis que la performance de M. Owen-Jones, elle a été très payante.

— Quand vous parlez de la performance, c’est...

— Croissance du titre. Dividendes. Et solidité de la performance.

— Ce qui me surprend dans votre discours, c’est l’absence de ce qui est pour moi le cœur de l’entreprise : les salariés. J’ai eu par exemple à me déplacer chez un sous-traitant de LVMH, dans le nord de la France.Maintenant, la production de costumes est délocalisée en Pologne...

— Bon, ça, c’est le problème de la mondialisation. C’est un autre problème. »

Entre petits porteurs, banquiers, management, fonds de pension, la « dictature du capital » a des conflits internes à régler. On garde en mémoire la fronde, persistante, chez Eurotunnel. On se souvient de ces particuliers qui, l’an dernier, en plein scandale Airbus, s’invitèrent à La Haye, au siège d’EADS [European Aeronautic Defence and Space] : « Monsieur Lagardère, les actionnaires ne peuvent pas voter pour un actionnaire incompétent, ce n’est pas possible ! s’exclama l’un d’eux.

— Sachez que je ne lâcherai rien et que je me souviendrai de tout ! », rétorqua Arnaud Lagardère, comme si, en plus de ses missiles, de ses avions, de ses journaux, il disposait d’une police politique. Désormais, « l’activisme actionnarial se professionnalise », annoncent Les Echos (de Bernard Arnault...) : mais il ne s’agit, chez ces « fonds activistes », que d’« agir sur la gouvernance des entreprises » pour « mieux valoriser leurs placements », pour « rechercher des plus-values et des dividendes », bref, pour « améliorer la performance » (3). Aux Etats-Unis, il existe bien des militants en costume — les trésoriers des Eglises, les philanthropes du sérail — qui s’efforcent de concilier éthique et capitalisme, profits et civisme, et intercèdent auprès des PDG — jusqu’à obtenir parfois des mesurettes : « ExxonMobil : bataille d’actionnaires aujourd’hui à l’assemblée générale. A Dallas, les actionnaires menés par la famille Rockefeller vont demander que soient votées plusieurs résolutions qui engagent davantage le groupe pétrolier dans la lutte contre le réchauffement climatique. Et pour ce faire, ils demandent une séparation entre les fonctions de chairman et de chief executive officer. » (Les Echos, toujours.) Un pas décisif, sans doute, vers la sauvegarde de la planète (lire la note sur le livre de David Sirota)...

Qu’importent ces réserves.

C’est Louis qui nous a guidés à travers nos démarches : comment devenir actionnaires, Marie-Hélène et moi. Comment être invités à l’AG. Comment poser notre question : « Le mieux, c’est de venir avec un huissier. Et, si jamais on vous empêche d’intervenir, ça annule toute l’assemblée... »

« Je voudrais souligner la performance exceptionnelle de votre groupe en 2006, se félicite Bernard Arnault. Un résultat opérationnel courant en augmentation de 12 % en 2006, une amélioration de la marge opérationnelle et un résultat net en hausse de 30 %. Le groupe a encore renforcé, on peut le dire, son avance sur le marché mondial du luxe... »

Autour de Marie-Hélène, une marée de crânes blancs. Deux mille actionnaires, réunis dans une salle immense, au Carrousel du Louvre. Des ancêtres, pour la plupart, habitués à ce cérémonial, habillés pour — se devine ici le formidable transfert de richesses, d’une jeunesse précarisée, smicardisée, logée à l’étroit, vers une vieillesse propriétaire et rentière, qui accumule une épargne inutile. Devant nous, un vétéran s’endort. Sa tête bascule. Il veut rentrer : « Pas tout de suite, l’admoneste son épouse. Y a le cadeau. » C’est qu’à la sortie chaque actionnaire recevra une petite bouteille de champagne Moët et Chandon. Les organisateurs offrent leur présent après : quand ils le donnaient avant, les gens partaient sans attendre le discours.

C’est qu’il est ennuyeux, Bernard Arnault. Il a beau annoncer, sur les écrans géants, des « dividendes en hausse de 30 % », sa voix monotone et lente ne soulève aucun enthousiasme. Comme un mauvais curé de campagne. Il n’a pas le charisme de ces PDG américains élevés à l’école des pasteurs évangéliques, et qui célèbrent chaque année le « Woodstock du capitalisme ».

Vient enfin la séquence des questions de la salle. Marie-Hélène se précipite vers une hôtesse au milieu de l’allée, et on lui remet un panneau avec « 12 » inscrit dessus. Mais c’est le « 3 » qui est choisi. Puis le « 9 ». Puis le « 7 ». « On va prendre la dernière question, prévient Bernard Arnault. La 10. » Marie-Hélène proteste auprès d’une hôtesse, qu’elle a fait 200 kilomètres, que 147 travailleuses attendent une réponse, qu’elle ne repartira pas sans : « On ne peut pas les prendre toutes », regrette la demoiselle. Mais Marie-Hélène a déjà filé vers l’avant, vers l’estrade, et notre mini-troupe de magnétos cachés, de soutiens froussards, la suit.

« Monsieur Bernard Arnault, on n’a pas voulu me laisser le micro, mais je suis déléguée CGT à ECCE, s’époumone Marie-Hélène.

— Ahhhh ! Un frisson d’horreur parcourt la foule.

— Est-ce que vous êtes prêt, poursuit-elle, tournée vers le PDG à la tribune, est-ce que vous êtes prêt à faire moins de bénéfices pour resigner un nouveau contrat avec ECCE pour garder la production française ? Parce que c’est 147 salariés qui vont être dehors. »

Bernard Arnault regrette ce « ton » agressif, cette « dialectique adaptée à votre fonction de syndicaliste »...

« Mais vous mettez dehors 147 salariés ! » Et Marie-Hélène se tourne vers l’assistance : « Est-ce que les petits actionnaires sont prêts à gagner un petit peu moins d’argent pour que 147 salariés vivent encore ?

— Je suis désolé des problèmes que ça peut poser aux personnes, s’excuse Bernard Arnault, mais le problème de fond, c’est la différence de coût de revient, pour un certain nombre de métiers, dont la confection, entre la France et nos voisins de l’Europe.

— Y a 147 salariés qui attendent une réponse dehors ! »

A un contre une, il perd pied, le Big Boss. Il perd la partie. Même avec le micro. Alors, il nous ramène les gluants, les poisseux du « dialogue social ». Nous voilà entourés par les sirupeux de la communication : « Je crois que le mieux serait qu’on puisse se parler dehors, conseille un gros monsieur à cravate.

— On vous a déjà écrit, réplique Marie-Hélène. Vous n’avez même pas la politesse de répondre !

— Alors je vous propose maintenant que, dans le cadre du dialogue social, on organise une réunion... »

Manière, par la carotte, de nous pousser dehors.

D’autres poussent, doucement, mais sans allégorie : les vigiles. « Je suis député, moi, monsieur ! », leur lance Bertrand (autant parlementaire que pape...). Les cerbères s’écartent : éviter l’incident. Et Bertrand profite de son avantage : « Je voudrais le micro pour faire une proposition...

— C’est pas dans ce cadre-là, lui dit le gros monsieur.

— Mais pourquoi ? Pourquoi on ne pourrait pas proposer une diminution des dividendes pour régler ce problème-là ?

— C’est pas le lieu. On est en train de passer au vote.

— Quoi, c’est pas le lieu ? C’est une démocratie, ici ? Nan, c’est pas une démocratie ? Alors c’est quoi ? »

Bertrand s’énerve pour de bon, et sa naïveté m’émeut : c’est que lui y croit vraiment. Que les petits capitalistes, touchés par la grâce, peuvent dans un élan de générosité renoncer à leurs intérêts.

« Solidarité avec les camarades ! je hurle aux actionnaires (un petit plaisir à saisir). Oui à une diminution des dividendes ! je poursuis, fort de mon objectivité journalistique.

— On dérange, hein ? » Marie-Hélène nargue le staff. « On dérange parce que y a 147 chômeurs ! »

Une cadre en tailleur se rajoute à la mêlée : « Ça n’est pas en assemblée qu’on peut régler ce type de conflit social... »

Le gros monsieur approuve : « On va faire une réunion, tout de suite, pour renouer le dialogue social. Il faut qu’on retourne devant les gens qui vous ont délégués... »

Marie-Hélène nous interroge : « Qu’est-ce qu’on fait, on sort ? »

Oui, on sort. Presque de plein gré. Tant on gêne. Et que ça nous gêne de gêner. « On se reverra, monsieur Bernard Arnault ! », fanfaronne encore Marie-Hélène. Mais on évacue la salle. Tout comme elle et ses copines seront évacuées de leur usine. Evacuées de la vie active. Evacuées vers le goulot des « formations », des « stages », des « services à la personne ». On regagne le hall et la voix de Bernard Arnault s’évanouit : « Courbes de croissance... lancement de produits... »

Une parenthèse s’est refermée.

Un an s’est écoulé.

Poix-du-Nord a fermé.

Les petites mains de la haute couture ont obtenu davantage de reclassements, d’accompagnement. Voilà qui n’empêche pas la déprime, l’incertitude qui étend son voile noir sur l’avenir.

Les plus combatives, pourtant, retiennent ce souvenir comme une fierté. Car Bernard Arnault — et ses clones — ont tout pour étouffer leurs cris : des gardes du corps et des journaux économiques, des assistantes de direction et des communicants d’optimisme, des berlines aux vitres teintées et des jets privés au Bourget. Ces femmes sont parvenues, un instant, un instant seulement, à crever cette bulle d’autisme, de luxe, calme et volupté : « Parfois, en plein milieu d’une réunion, nous informait une émission de la télévision publique, Bernard Arnault s’interrompt et vient jouer quelques notes sur son piano. “De temps en temps, comme tout chef d’entreprise, il y a des soucis, et ça fait du bien de les évacuer. Et de penser à autre chose.” Le salon de musique se trouve juste à côté de son bureau (4). » Ces ouvrières auront produit quelques couacs dans sa partition. Elles auront remporté une bataille dans une guerre perdue d’avance.

Une guerre qui n’est pas menée.

C’était lors de l’émission « A vous de juger », sur le plateau de France 2, durant la campagne présidentielle. Marie-Hélène interpella Mme Ségolène Royal : « Moi, demain, je vais perdre mon travail, comme les 147 salariées d’ECCE vont perdre leur travail cette année, donc si y a pas de règle européenne, c’est délocalisé dans les pays de l’Est. Concrètement, qu’est-ce que vous allez faire ? » La candidate du Parti socialiste lui répliqua avec le même charabia que le gros monsieur, à base de : « Comme il y aura un dialogue social de qualité, vous pourrez tirer la sonnette d’alarme beaucoup plus tôt, et les entreprises seront priées de rendre des comptes sur les raisons pour lesquelles elles délocalisent. » La syndicaliste eut beau la relancer d’un : « Mais concrètement, vous ferez quoi avec l’Europe ? », elle n’hérita que d’un vague : « Je vais vous dire une chose : le jour où il y aura le dialogue social, le jour où les entreprises seront obligées de tenir compte de l’intérêt général, et où les pouvoirs publics seront alertés suffisamment tôt, il y a des choses qu’on pourra empêcher. »

L’interlocuteur suivant fut plus chanceux.

C’était Geoffroy Roux de Bézieux : président de Croissance Plus, directeur général de Virgin Mobile France, siégeant au conseil de surveillance de PSA Peugeot-Citroën, et désormais à la direction de l’Unedic pour le compte du Medef [Mouvement des entreprises de France]. Que comptait faire la socialiste pour « les riches, qui créent des emplois dans ce pays ? interrogea-t-il.

— Vous aurez déjà les emplois tremplins, lui promit-elle. Ce jeune va être payé six mois et mis à la disposition de l’entreprise...

— Et je vais pouvoir le licencier ?

— Il n’y a pas de licenciement, pour ainsi dire », puisque le contrat précaire s’achève sans formalités. Et, comme l’offre ne suffisait pas, Mme Royal ajouta : « Deuxièmement, les exonérations de cotisations seront liées à l’effort fait pour l’emploi. Troisièmement, je suis prête à baisser l’impôt sur les bénéfices s’ils sont réinjectés dans l’entreprise. Alors, je ne peux pas vous dire mieux, c’est déjà pas mal... »

C’était « déjà pas mal », en effet : à ce patron, la candidate offrait autre chose que du « dialogue social de qualité ». Du « concret », pour le coup, du sonnant et trébuchant (5).

Avec des alliés aussi solides, on comprend que, contre le Capital, les héros — et héroïnes — du Travail mènent leur bataille comme une guérilla...

François Ruffin.

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27/10/2008

[Thousands of Troops Are Deployed on U.S. Streets Ready to Carry Out "Crowd Control"]

Version Française

by Naomi Wolf, AlterNet. Posted October 8, 2008.


Members of Congress were told they could face martial law if they didn't pass the bailout bill. This will not be the last time.

Background: the First Brigade of the Third Infantry Division, three to four thousand soldiers, has been deployed in the United States as of October 1. Their stated mission is the form of crowd control they practiced in Iraq, subduing "unruly individuals," and the management of a national emergency. I am in Seattle and heard from the brother of one of the soldiers that they are engaged in exercises now. Amy Goodman reported that an Army spokesperson confirmed that they will have access to lethal and non lethal crowd control technologies and tanks.



George Bush struck down Posse Comitatus, thus making it legal for military to patrol the U.S. He has also legally established that in the "War on Terror," the U.S. is at war around the globe and thus the whole world is a battlefield. Thus the U.S. is also a battlefield.

He also led change to the 1807 Insurrection Act to give him far broader powers in the event of a loosely defined "insurrection" or many other "conditions" he has the power to identify. The Constitution allows the suspension of habeas corpus -- habeas corpus prevents us from being seized by the state and held without trial -- in the event of an "insurrection." With his own army force now, his power to call a group of protesters or angry voters "insurgents" staging an "insurrection" is strengthened.

U.S. Rep. Brad Sherman of California said to Congress, captured on C-Span and viewable on YouTube, that individual members of the House were threatened with martial law within a week if they did not pass the bailout bill:

"The only way they can pass this bill is by creating and sustaining a panic atmosphere. … Many of us were told in private conversations that if we voted against this bill on Monday that the sky would fall, the market would drop two or three thousand points the first day and a couple of thousand on the second day, and a few members were even told that there would be martial law in America if we voted no."

If this is true and Rep. Sherman is not delusional, I ask you to consider that if they are willing to threaten martial law now, it is foolish to assume they will never use that threat again. It is also foolish to trust in an orderly election process to resolve this threat. And why deploy the First Brigade? One thing the deployment accomplishes is to put teeth into such a threat.

I interviewed Vietnam veteran, retired U.S. Air Force Colonel and patriot David Antoon for clarification:

"If the President directed the First Brigade to arrest Congress, what could stop him?"

"Nothing. Their only recourse is to cut off funding. The Congress would be at the mercy of military leaders to go to them and ask them not to obey illegal orders."

"But these orders are now legal?'"

"Correct."

"If the President directs the First Brigade to arrest a bunch of voters, what would stop him?"

"Nothing. It would end up in courts but the action would have been taken."

"If the President directs the First Brigade to kill civilians, what would stop him?"

"Nothing."

"What would prevent him from sending the First Brigade to arrest the editor of the Washington Post?"

"Nothing. He could do what he did in Iraq -- send a tank down a street in Washington and fire a shell into the Washington Post as they did into Al Jazeera, and claim they were firing at something else."

"What happens to members of the First Brigade who refuse to take up arms against U.S. citizens?"

"They'd probably be treated as deserters as in Iraq: arrested, detained and facing five years in prison. In Iraq a study by Ann Wright shows that deserters -- reservists who refused to go back to Iraq -- got longer sentences than war criminals."

"Does Congress have any military of their own?"

"No. Congress has no direct control of any military units. The Governors have the National Guard but they report to the President in an emergency that he declares."

"Who can arrest the President?"

"The Attorney General can arrest the President after he leaves or after impeachment."

[Note: Prosecutor Vincent Bugliosi has asserted it is possible for District Attorneys around the country to charge President Bush with murder if they represent districts where one or more military members who have been killed in Iraq formerly resided.]

"Given the danger do you advocate impeachment?"

"Yes. President Bush struck down Posse Comitatus -- which has prevented, with a penalty of two years in prison, U.S. leaders since after the Civil War from sending military forces into our streets -- with a 'signing statement.' He should be impeached immediately in a bipartisan process to prevent the use of military forces and mercenary forces against U.S. citizens"

"Should Americans call on senior leaders in the Military to break publicly with this action and call on their own men and women to disobey these orders?"

"Every senior military officer's loyalty should ultimately be to the Constitution. Every officer should publicly break with any illegal order, even from the President."

"But if these are now legal. If they say, 'Don't obey the Commander in Chief,' what happens to the military?"

"Perhaps they would be arrested and prosecuted as those who refuse to participate in the current illegal war. That's what would be considered a coup."

"But it's a coup already."

"Yes."

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Naomi Wolf is the author of Give Me Liberty (Simon and Schuster, 2008), the sequel to the New York Times best-seller The End of America: A Letter of Warning to a Young Patriot (Chelsea Green, 2007).

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15/09/2008

[Cuba et la gestion des cyclones]

par Salim Lamrani, publié par le Réseau Voltaire le 7 septembre'08

Face aux cyclones, le contraste est saisissant entre la politique des Washington et celle de La Havane. D’un côté les forces de sécurité sont prioritairement affectées à la défense des biens, de l’autre à celle des personnes. Rien d’étonnant donc, observe Salim Lamrani, à ce que l’ouragan Gustav ait tué aux États-Unis, mais pas à Cuba.


L’ouragan Gustav qui a frappé les Caraïbes à la fin du mois d’août 2008 a eu un coût humain et matériel dramatique. Le cyclone avec ses vents à près de 340 kilomètres/heure, le plus violent des cinquante dernières années, a provoqué la mort de plus d’une centaine de personnes dont 11 en Jamaïque, 66 en Haïti, 8 en République dominicaine et 26 aux États-Unis. Cuba, qui a été terriblement touchée, a subi des dégâts matériels considérables [1].

« Une attaque nucléaire » : telle a été la comparaison effectuée par l’ancien président cubain Fidel Castro au sujet de la catastrophe naturelle qui a ravagé le pays.
En effet, les provinces de Pinar del Río, Matanzas et de l’île de Jeunesse ont offert un spectacle de ruine et de désolation. Des 25 000 logements que compte l’Île de la Jeunesse, 20 000 ont été partiellement ou totalement détruits. Près de 45 % des habitations de Pinar del Río, soit 102 000 logements, sont partiellement endommagées ou complètement rasées. Ce cyclone a été plus ravageur que l’ensemble des 14 ouragans qui ont frappé l’île au cours des huit dernières années [2].

En revanche, contrairement aux autres nations victimes de la fureur de la nature, Cuba n’a eu à déplorer aucune perte humaine. En effet, Cuba est le seul pays de la région frappé par le cyclone où aucun civil n’a perdu la vie. L’Agence France-Presse note que « seuls des blessés et aucun mort n’était […] dénombré à Cuba [3] ». De son côté, Associated Press remarque que « même si Gustav a tué au moins 122 personnes, y compris 26 aux États-Unis, Cuba n’a déploré aucun mort grâce aux évacuations obligatoires [4] ». Pourtant, l’ouragan qui a détruit une partie de l’île était de catégorie 4 alors qu’il était redescendu en catégorie 2 lors de son arrivée sur les côtes étasuniennes.

Comment s’explique cette spécificité cubaine ? Elle se résume en deux phases : la « phase informative » et la « phase d’alerte cyclonique ». Tout d’abord, l’ensemble de la population est parfaitement informée des dangers représentés par les cyclones et les ouragans et sait parfaitement comment réagir en cas d’alerte de la Défense civile. Les médias jouent un rôle fondamental et la discipline sociale des citoyens est remarquable. Dès le déclenchement de l’alarme cyclonique, les autorités organisent minutieusement les déplacements des habitants et des touristes en zone sûre. Rien n’est laissé au hasard. Les services sociaux et les comités de Défense de la Révolution, qui sont présents dans chaque quartier, disposent de listes des personnes à mobilité réduite et viennent à leur secours dans les plus brefs délais. Ainsi, près d’un demi-million de personnes ont été évacuées en prévision de l’arrivée de Gustav [5].

À Cuba, aucune personne n’est abandonnée à son sort par les autorités. L’exemple des cinq pêcheurs perdus en haute mer est illustratif. N’ayant pas pu rentrer à temps, cinq marins cubains ont été pris dans l’œil du cyclone et ont vu leur bateau réduit en miettes. Pendant deux jours, malgré les énormes dégâts causés par le vague cyclonique et les innombrables autres urgences, La Havane n’a pas lésiné sur les efforts et a dépêché à leur recherche 36 bateaux, trois hélicoptères et deux avions, et les naufragés ont pu finalement être sauvés. Alors que d’autres pays auraient peut-être abandonné les recherches, il en a été autrement dans la plus grande île des Caraïbes [6].

En guise de comparaison, on ne peut pas dire qu’il en soit de même aux États-Unis, pourtant la nation la plus riche au monde. La terrible tragédie Katrina qui a causé la mort de 1 800 personnes en 2005 à la Nouvelle-Orléans et dans les États voisins fut l’exemple le plus dramatique de l’incurie des autorités fédérales, qui avaient abandonné toute une population à son triste sort.

Cette fois, le gouvernement fédéral s’était préparé et avait lancé un appel à l’évacuation de la zone. Contrairement aux Cubains pris en charge par les autorités et relogés gratuitement dans des écoles, auberges, et autres infrastructures, les citoyens étasuniens ont dû assurer l’évacuation et leur relogement à leurs frais dans des hôtels. La presse occidentale rapporte qu’« aucun hôtel n’a baissé ses tarifs en ces circonstances exceptionnelles [7] ».

Le maire de la Nouvelle-Orléans Ray Nagin a décrété un couvre-feu pour empêcher les pillages. Les médias internationaux ont relaté la « fuite éperdue des habitants de la Nouvelle-Orléans [8] ». Malgré les précautions prises, pas moins de 26 personnes ont péri lors du passage de l’ouragan Gustav dans le sud des États-Unis [9].

Alors qu’à Cuba, la Défense civile se déployait pour porter secours à la population, aux États-Unis, 2 000 gardes nationaux armés jusqu’aux dents patrouillaient en compagnie de la police la région pour prévenir les pillages. En théorie, la priorité était donnée à la protection des vies humaines mais c’est bien la sauvegarde des biens matériels qui a été privilégiée [10].

L’ensemble de la région sujette aux catastrophes cycloniques – y compris les États-Unis – serait avisée de prendre quelques leçons du côté de La Havane. Une petite nation du tiers-monde, victime en outre de sanctions économiques anachroniques et inhumaines, démontre qu’il est possible de préserver la vie de tous les citoyens s’il y a une véritable volonté politique à cela.

Salim Lamrani

[1] Agence France-Presse, « Gustav : l’Espagne aide Cuba et Jamaïque », 31 août 2008 ; El Nuevo Herald, « La peor tormenta de los últimos 50 años », 31 août 2008. Pour le nombre de décès aux Etats-Unis voir Will Weissert, « EEUU ofrece 100,000 dólares en ayuda de emergencia a Cuba », The Associated Press/El Nuevo Herald, 5 septembre 2008.

[2] Fidel Castro, « Un golpe nuclear », Granma, 3 septembre 2008 ; Ronald Suárez Rivas, « Housing, the Greatest Challenge », Granma, 2 septembre 2008.

[3] Glenn Chapman, « Ouragan Gustav : fuite éperdue des habitants de la Nouvelle-Orléans », Agence France-Presse, 31 août 2008.

[4] Will Weissert, « EEUU ofrece 100,000 dólares en ayuda de emergencia a Cuba », op. cit.

[5] Luz María Martínez & Marta Hernández, « Record mundial en protección humana al paso de Gustav », AIN, 3 septembre 2008.

[6] Fidel Castro, « Un golpe nuclear », op.cit. ; El Nuevo Herald, « Cuba se recupera ; hallan a pescadores desaparecidos », 2 septembre 2008 ; EFE, « Logran rescatar a cinco pescadores desaparecidos », 2 septembre 2008.

[7] Sylvain Cypel, « À Lafayette, en Louisiane, ‘rien n’a changé depuis Katrina’ », Le Monde, 3 septembre 2008.

[8] Glenn Chapman, « Ouragan Gustav : fuite éperdue des habitants de la Nouvelle-Orléans », op. cit.

[9] Will Weissert, « EEUU ofrece 100,000 dólares en ayuda de emergencia a Cuba », op. cit.

[10] Robert Tanner & Vicki Smith, « Alcalde de Nueva Orleáns pide a evacuados que no regresen aún », The Associated Press / El Nuevo Herald, 2 septembre 2008.

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08/09/2008

[11septembre, le mystère de la 3e tour]

Par Olivier Rogeau, dans Le Vif-L'express le 5 Septembre'08.

Sept ans après l’écroulement des tours du WTC à New York, des questions en cascade restent sans réponse sur ces attentats. La version officielle des faits est contestée et des citoyens manifesteront à Bruxelles pour réclamer une enquête indépendante.

Les années passent, les nuages de poussière tombés sur le sud de Manhattan le 11 septembre 2001 se sont depuis longtemps dissipés, mais on peine toujours à faire toute la lumière sur les attentats qui ont causé la mort de près de 3000 personnes. Au début, seuls quelques allumés de la théorie du complot ont mis en doute la version officielle des évènements. Par la suite, des dizaines de spécialistes de la construction et de la destruction d’immeubles, de professeurs d’université et de pilotes ont posé des questions troublantes.
Beaucoup ont critiqué et contredit le rapport de la commission d’enquête parlementaire américaine d’août 2004 sur le 11-Septembre. Selon eux, l’histoire officielle ne tient pas debout, pas plus que n’ont tenu debout les tours du World Trade Center. Sept ans après la tragédie, une manifestation rassemblera, à Bruxelles (le 7 septembre, à 14 heures, au rond-point Schuman), des citoyens qui exigeront, une fois de plus, l’ouverture d’une enquête indépendante et internationale sur ces attentats attribués à Al-Qaeda, « prétexte à trop de guerres et de mensonges ». L’initiative a reçu le soutien du Pr David Ray Griffin, auteur de Omissions et manipulations de la commission d’enquête sur le 11-Septembre (Editions Demi-Lune, 2006), et de l’eurodéputé indépendant Giulietto Chiesa, auteur du documentaire Zero , qui conteste la version des faits fournie par Washington. Incendie ou explosions dans le WTC 7 ?

Cette manifestation est organisée alors que vient enfin de sortir le rapport final sur les causes de l’effondrement de la troisième tour du WTC. Qui se souvient de cette « tour 7 », un immeuble de 47 étages et de près de 200 mètres de hauteur ? Le « Salomon Brothers » n’a été percuté par aucun avion. Il s’est effondré sur lui-même environ sept heures après les tours jumelles. « Il s’est écroulé en moins de sept secondes, à une vitesse proche de la chute libre, précise Jean-Luc Guilmot, un ingénieur belge, conseiller Ecolo à Chaumont-Gistoux. La thèse officielle d’un effondrement causé par des incendies défie les lois de la physique. Jamais un gratte-ciel en béton à structure en acier ne s’est écroulé sous la simple emprise du feu, fût-il de grande ampleur. La disparition de la tour 7 présente toutes les caractéristiques d’une démolition contrôlée. » Guilmot et d’autres tentent de diffuser en Belgique ce point de vue défendu par ceux qui se définissent comme des « thruthers », des chercheurs de vérité.
On aurait, selon 430 architectes et ingénieurs regroupés au sein de l’association AE911 Truth, retrouvé des résidus d’explosifs militaires de type thermate dans les débris de Ground Zero et de l’acier fondu à des températures plus élevées que celle de feux de bureau. Des dizaines de pompiers new-yorkais auraient, en outre, entendu des bruits d’explosions à l’intérieur de l’immeuble. Le rapport sur le WTC 7, publié fin août 2008 par le National Institute of Standards and Technology (NIST), une agence gouvernementale, rejette cette dernière affirmation et réaffirme que le feu est seul en cause dans l’effondrement. Pour la plupart des médias, ce rapport met fin, une fois pour toutes, à la controverse.

Rideau ? Pas pour les opposants au récit officiel. Selon eux, l’hypothèse d’une mise en scène s’impose. Mais Guilmot ne veut pas être assimilé à ceux qui propagent rumeurs et accusations fantaisistes sur le Net. Il revendique une démarche scientifique et rejette l’étiquette de « conspirationniste », néologisme souvent utilisé pour désigner les « thruthers ». Mais, s’il y a eu démolition contrôlée des tours du WTC, qui en est responsable et quels sont les mobiles de cette action spectaculaire ? « Répondre à ces questions, c’est faire de la spéculation », dit prudemment l’ingénieur belge. D’autres voix au sein du « mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre » n’hésitent toutefois pas à accuser les « faucons » de l’administration américaine, qui auraient cherché un prétexte pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan. « L’idée même qu’une faction de l’Etat est mêlée à ces événements dramatiques reste inimaginable pour la plupart des gens, assure Guilmot. Les attentats de New York sont pourtant, à mon sens, la plus grande manipulation de l’histoire récente. »

Le 16 septembre à 20 heures, l’Espace Delvaux (Watermael-Boitsfort) projette le film Zero, enquête sur le 11 Septembre, et accueille un débat avec Giulietto Chiesa et Jean-Luc Guilmot.
Parmi les nombreux sites qui contestent la version officielle : vigli.org(site francophone belge), www.reopen911.info (site français) et www.ae911truth.org (site américain).

Par Olivier Rogeau, dans Le Vif -L'express

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16/08/2008

[Opinion publique contre opinion du pouvoir politique]

par André Sera, le 14 aout'08

VOX POPULI, VOX DEI !
Avec cette crise du Caucase, les opinions sont surchauffées et vont dans tous les sens. Tout un chacun ressent un immense besoin d’y voir clair. Pourquoi ?
Eh bien, sans doute parce qu’il s’agit d’un combat mondial. À ma gauche, Saakachvili, Président de la Géorgie, frauduleusement réélu en janvier 2008. À ma droite, Poutine, Premier ministre de Russie, nommé par son ancien Premier ministre, élu Président du pays entre temps. Donc, de prime abord, ce procès se déroule entre deux grands défenseurs de la démocratie.
Le premier est assisté par Bush et sa secte de cireurs de pompes étasuniennes. Le second assiste l’Ossétie du sud, sœur ethnique, linguistique et culturelle de l’Ossétie du nord, qui a été séparée d’elle en 1922 par le grand charcutier qu’était Staline. Ce dernier, environné d’une multitude de petites nationalités difficiles à domestiquer, décida d’appliquer la doctrine incontournable de tout pouvoir digne de ce nom : diviser pour régner. Il conserva l’Ossétie du nord dans l’U.R.S.S en tant que région autonome, et donna l’Ossétie du sud à la Géorgie, également en tant que région autonome de ce pays.
Il en rajoutera cependant un petit peu pour plus d’efficacité, en déportant les habitants de l’Ingouchie, musulmans d’un pays limitrophe de l’Ossétie du nord, puis en donnant aux Ossètes une partie de l’Ingouchie ainsi dépeuplée. Mélange absolument détonnant. Lorsqu’après 1989 les Ingouches reçurent l’autorisation de rentrer chez eux, ils y trouvèrent des Ossètes installés dans leurs maisons et sur leurs terres. Vous comprendrez que les embrassades furent assez sanglantes. Bref.

Par un référendum de novembre 2007, le peuple de l’Ossétie du sud vota à 99% l’affirmation de son désir d’être indépendant. Par ailleurs, on sait qu’il désire passionnément fusionner à nouveau avec le peuple d’Ossétie du nord, où il pourrait retrouver cousins, proches ou lointains, neveux et nièces, dans une langue et une culture bien distinctes de la langue géorgienne.
On comprendra que cela ne faisait pas l’affaire de Saakachvili, car il ne faut pas perdre de vue qu’il se dit démocrate. Lui préférait de beaucoup conserver le cadeau fait par Staline à son pays. C’aurait été porter un coup bas à sa mémoire, le cher homme !
Il en a donc parlé à son protecteur Bush, démocrate lui aussi. Il fallait faire cesser ce scandale. Depuis quand le peuple peut-il éprouver des désirs qui ne soient pas conformes à la démocratie ?
Bush comprit qu’il tenait là une bonne solution pour remonter dans les faveurs de son opinion publique, et peut-être même donner un coup de main à ce pauvre McCain qui peine dans les sondages des présidentielles étasuniennes. Il fournit donc moult armes de toutes natures, missiles, avions, drones à Saakachvili, en utilisant les bons soins d’Israël, qui ne pouvait évidemment pas lui refuser ce service. Ah ! Si Israël n’était pas là… il faudrait l’inventer.
Et pour faire marcher toute cette quincaillerie, il lui envoya aussi un bon millier de « conseillers militaires » afin d’apprendre à sa plantureuse armée comment s’en servir.
Bien entendu, les Russes qui, comme on le sait, ne sont pas démocrates, et par conséquent sont aveugles, sourds et muets, ne se sont absolument pas doutés de ce qui se préparait dans un silence absolument parfait, puisque les Étasuniens sont équipés de chaussures comportant des semelles de caoutchouc fabriquées par Nyke.

Alors, le jour même où les joutes olympiques commençaient à Beijing [tiens ! tiens !], l’armée américanisée de Saakachvili se présenta à la frontière de l’Ossétie du sud, après une bonne préparation d’artillerie sur Tskhinvali, la capitale, pour tenir les Ossètes bien éveillés. Mais, passons sur ce que toute armée digne de ce nom fait subir à une population civile innocente.
À ce moment là, les Géorgiens, armés de pied en cap, eurent la grande surprise de voir débouler à leur rencontre une armée Russe caparaçonnée de chars de fort tonnage, qui n’étaient nullement romains. L’idée que ces nouveaux venus venaient les saluer ne leur traversa que très rapidement l’esprit, et ils prirent leurs jambes à leur cou pour rentrer prestement chez eux, à l’exception de quelques uns qui décidèrent de rester en Ossétie pour l’éternité.
On comprend le courroux qui s’empara de Bush, alerté par un Saakachvili angoissé. Une telle action de la part des Russes n’était pas du tout prévue dans leur plan, et on sait pertinemment que des plans dûment établis par le Pentagone ne peuvent absolument pas ne pas fonctionner.
Alors, le futur ancien Président des É-U EXIGEA ( !) des Russes qu’ils retournent dans leurs casernes. Lorsqu’il reçut ce message, Poutine sourit pour la première fois depuis de nombreuses années.

La plupart des grands chefs d’État du monde dénoncèrent alors l’attaque des Russes, car, par magie sans doute, l’agression de Saakachvili était devenue celle de Poutine dans la même soirée.
Bon ! La suite reste à venir. Mais j’ai tout de même été surpris sur le coup, et j’ai même failli changer d’avis sur la question. Alors j’ai voulu savoir si beaucoup de monde avait compris comme moi que c’étaient les Géorgiens qui avaient ouvert le bal, ou si d’autres pensaient au contraire que c’étaient les Russes, comme l’affirmaient toutes les cliques politiques ou presque.
Je suis donc allé consulter les blogs d’une bonne dizaine de sites de journaux et de nouvelles sur le web. Au total, j’ai donc lu entre 300 et 400 commentaires sur cette malheureuse affaire.
Quelle ne fut pas ma surprise de me rendre compte que, dans une proportion de 4 sur 5, soit 80%, ces commentaires désignaient Saakachvili comme agresseur et provocateur, mais plus encore Bush et ses courtisans, dont ils dénonçaient l’agressivité et l’impérialisme. Quand à ceux qui désignaient Poutine et la Russie d’un doigt vengeur, ils étaient immédiatement taxés de naïveté et de suivisme par le commentaire qui suivait le leur.

C’est troublant, et montre que les finasseries politiques conduisent trop souvent à des impasses dangereuses, alors que le peuple, qui détient la souveraineté, paraît-il, mais que l’on ne consulte qu‘une fois tous les quatre à cinq ans, est souvent plus réaliste que ceux qui prétendent les diriger, et même aussi que les médias qui se contentent assez souvent d’adopter la pose du perroquet.
Plus troublant encore, alors que les problématiques du Kosovo et de l’Ossétie sont strictement les mêmes, les grands de ce monde insistent bruyamment pour qu’elles soient résolues différemment. On a fait du Kosovo un État indépendant en le prenant à la Serbie qui le possédait juridiquement depuis des lustres, mais on veut empêcher l’Ossétie du sud de l’être pour ne pas modifier les frontières de la Géorgie. Dans les deux cas, il s’agit pourtant de populations fort différentes de celles qui les oppriment. Il s’agit strictement du même problème dans les deux cas.
Mais, il y a cependant une toute petite différence. Ici, Saakachvili est américain, et il s’agit des « INTÉRÊTS de l’Amérique ».

par André Serra
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06/08/2008

[Fellation en direct de Villacoublay]

par : Olivier Cyran - version longue de l’article publié dans CQFD n°58, juillet'08.

Vendredi 4 juillet, 16 heures. Alors qu’à l’Assemblée nationale les députés sont en train de restaurer la semaine de 48 heures, les télévisions s’agglutinent sur l’aéroport militaire de Villacoublay. « La porte de l’avion s’est ouverte et le président et Carla Bruni attendent Ingrid Betancourt sur le tarmac, dans quelques instants nous allons voir apparaître Ingrid Betancourt… Moment historique ! », feule la voix de France 3. On zappe sur BFM TV. « Là, vous voyez, Carla Bruni qui fait un petit pas en arrière pour laisser Nicolas Sarkozy en avant, elle est vraiment à ses côtés… Il y a beaucoup de… un silence assez assourdissant. » La journaliste lâche un petit rire idiot. « Nicolas Sarkozy qu’on découvre assez heureux, hein… Et puis là-voilà, ça y est ! On imagine tout de même un moment d’émotion pour le président de la République… » Blanche-Neige arrive au bas de la passerelle où l’attend son Simplet, qu’elle étreint fougueusement. La séquence bisous s’éternise, la police prend des notes. Trois jours plus tôt, le ministère de l’Intérieur a officialisé la création du fichier « Edvige », destiné à recenser toute personne « âgée de 13 ans ou plus » exerçant une fonction politique, syndicale, associative ou religieuse. Qui rédigera la fiche de l’ex-sénatrice colombienne ?
« Voilà, une embrassade… Ingrid Betancourt qui est descendue seule, sans sa famille… Qui doit encore être à bord de l’avion, évidemment. » À moins que la famille, évidemment, n’ait préféré sauter en parachute pour s’épargner tant d’émotion. « On voit beaucoup d’émotion entre Carla Bruni et Ingrid Betancourt… » Une semaine plus tôt, le Sénat a adopté un texte de loi contraignant les chômeurs à accepter n’importe quelle « offre raisonnable » d’emploi de merde. Après six ans de chômage dans la jungle, la Soubiroux planétaire va-t-elle devoir bosser comme serveuse sous peine de radiation ? Sa famille débarque à son tour. Tout le monde s’embrasse, le président, la top-modèle, la madonne, la mamie et la marmaille. « Très sobre comme cérémonie, il y a beaucoup d’émotion mais c’est très sobre », bourdonne la mouche de BFM. Retour sur France 3. « On voit Ingrid Betancourt et Nicolas Sarkozy s’approcher des journalistes, euh, tout ça je vous le disais dans une ambiance très chaleureuse, vous le voyez, tout le monde est tout sourire et tout ça dans une très grande simplicité… »
C’est l’heure en effet de la conférence de presse. Rictus carnivore posé sur sa « chère Ingrid », Sarkozy se pourlèche les dents. « Je voudrais d’abord vous dire que c’est toute la France qui est heureuse que vous soyez là, pi c’est toute la France qui est impressionnée par la façon dont vous revenez. » Les flashs crépitent. À quelques kilomètres du centre de rétention de Vincennes, réduit en cendres par les résultats chiffrés du ministère de l’Identité nationale, le chef de l’Etat exalte le « message d’espoir » incarné par la citoyenne d’honneur de Neuilly. « Ça veut dire à tous ceux qui souffrent dans le monde, qui sont privés de liberté, eh ben rien n’est inéluctable. » Dans sa cellule de l’unité psychiatrique de Fleury-Mérogis, où elle crève à petit feu dans l’attente de son extradition vers la justice berlusconienne, l’ex-brigadiste rouge Marina Petrella se sent revivre. « Ça sert de se battre. Y a pas de fatalité. Ingrid Betancourt, bienvenue, la France vous aime. »
L’intéressée sourit, larmoie et se recueille, image pieuse télémâchée offerte en libre exploitation aux crapules régnantes. « Je rêve depuis sept ans de vivre ce moment. C’est… c’est un moment très très émouvant pour moi. Respirer l’air de la France, être avec vous… » Puis se tourne vers Nicolas Sarkozy, lui prend la main et la lui serre avec passion. « Je vous dois tout, je vous dois tout… À la France, quand je prends le président Sarkozy dans ma main, que je l’embrasse, que je le regarde, je regarde cet homme extraordinaire qui a tant lutté pour moi… » La caméra zoome sur la main d’Ingrid Betancourt pétrissant la pogne du Poutine français. Jusqu’où ira-t-elle ? Par précaution, des millions de parents éloignent leurs enfants du poste. « Et je regarde aussi à travers lui toute la France, vous tous, vous tous qui avez partagé mon désespoir… Ce qu’il nous faut, c’est nous prendre par la main et profiter de ce bonheur incroyable qui est le nôtre. » Il ne faudra pas vingt-quatre heures à ce « bonheur incroyable » pour se muer en paix sociale sonnante et trébuchante. « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit ! », tonnera l’idole d’Ingrid devant les troupes en délire de l’UMP. A peine rempli, le tronc de l’église a déjà été pillé.

par : Olivier Cyran. Article publié dans CQFD n°58, juillet 2008
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16/07/2008

[Belgique : la mondialisation à l’assaut de l’État nation]

par Karel Vereycken publié par Agoravox le 15 octobre'08

Politique d’empire et dissolution des nations, voici deux enjeux qui n’en font qu’un. La mondialisation, nouveau nom d’un empire mondial, consolide son pouvoir financier fort sur un morcellement vers le bas. Les États, peu importe leur imperfection, restent des instruments « de derniers recours » pour défendre l’intérêt général contre le pillage et le chaos au profit d’une oligarchie financière en pleine déroute.


Sans surprise, L’Economist, porte-parole des banques de la City de Londres et grand défenseur de l’Empire britannique, vient d’appeler, dans sa dernière livraison, à la dissolution de la Belgique. Politique d’empire et dissolution des nations, deux enjeux qui n’en font qu’un. La mondialisation, nouveau nom pour un empire mondial, consolide son pouvoir financier sur un morcellement vers le bas. A contrario, les Etats, quelles que soient leurs imperfections, restent l’instrument essentiel pour défendre l’intérêt général contre le pillage au profit d’une oligarchie financière.

La carte du fédéralisme et de la régionalisation réduisant l’espace politique à une entité culturellement, linguistiquement et économiquement homogène, a souvent été l’arme de l’oligarchie. Si le fédéralisme belge frise souvent la caricature à cause du casse-tête linguistique, un véritable champ de mines « régionaliste » a été installé sur l’ensemble de l’espace européen. Par exemple, « l’Etat de Bavière » possède depuis cinq ans sa propre représentation à Bruxelles. En Angleterre, Tony Blair a lancé en 1997 la « devolution » accordant des pouvoirs considérables au Pays de Galles et à l’Ecosse. Cette dernière dispose d’un véritable parlement doté d’un exécutif dirigé par un Premier ministre responsable devant 129 députés. Les 17 « communautés autonomes » d’Espagne gèrent 60 % des dépenses publiques des régions basque, catalane et de Galice. En 2006, les Catalans ont approuvé un statut qui reconnaît la Catalogne comme « nation » et lui accorde la moitié des impôts.

La monarchie belge, appelée à diriger ce pays après le Congrès de Vienne de 1815, a très souvent servi de laboratoire d’application de ces politiques de « balkanisation », transposées ensuite à l’ensemble des pays européens. Si les poussées indépendantistes flamandes possèdent des racines historiques internes bien réelles, une faction de l’oligarchie financière internationale a pris la décision d’accélérer le processus. Au moment où le système financier international se désintègre, le pouvoir des Etats doit être affaibli au maximum pour protéger la nébuleuse financière.

L’« évaporation » de la Belgique lèvera le tabou de la transgression des frontières, dont l’intangibilité fut considérée comme le fondement même de la paix dans l’après-guerre.

Loin de l’excitation à l’idée d’un possible éclatement du pays, affichée parmi les journalistes toujours en quête de sensationnel, une bonne majorité de Belges - Flamands et Wallons - flairent à juste titre la manipulation derrière cette question.

The Size of Nations

Trois opérations ont été lancées pour accélérer ce processus.

1) D’abord, une clique d’économistes réputés s’est spécialisée dans le calcul de la taille « optimale » des Etats. Il s’agit en particulier d’Alberto Alesina, d’Harvard, et d’Enrico Spolaore, de Tufts University. Ils ont des responsabilités au National Bureau for Economic Research (NBER) une institution privée financée exclusivement par les quatre fondations charitables directement mécènes de la secte néo-conservatrice américaine (Bradley, Scaife, Olin et Smith Richardson).

En dehors d’une avalanche d’articles sur le sujet dans la presse économique bien en vue (Economist, Frankfurter Algemeine, Wall Street Journal, etc.), Alesina et Spolaore ont publié en 2003 un livre retentissant, The Size of Nations [La taille des nations].

Pour les auteurs, les frontières d’une nation ne résultent pas d’un vouloir vivre en commun, mais de marchandages sur « les avantages de la taille et le coût » dans la gestion d’un territoire. Après avoir examiné les avantages qu’offre un grand pays (faible coût des services publics par tête, meilleure répartition de la pression fiscale, meilleure défense, etc.), les auteurs s’interrogent sur la richesse. Si un grand pays devrait en théorie être plus riche, ils affirment qu’en réalité « le volume des dépenses dans un pays dépend de l’ouverture de ce pays au commerce ». De là, évidemment, découle l’argument qu’un pays « intégré dans le marché mondial possède le monde comme marché » et que, par conséquent, « l’intégration économique conduit à la désintégration politique ». On saisit tout de suite pourquoi The Size of Nations est devenu le livre de chevet des indépendantistes flamands.

2005 : In de Warande

2) Un autre livre, Manifeste pour une Flandre indépendante, fut publié en décembre 2005 par le think-tank flamand « In de Warande », appelant, sur la base d’un argumentaire « purement économique », à la dissolution de la Belgique à l’image du divorce de velours qui a dissout la Tchécoslovaquie « à l’amiable » en 1992. Pour ces indépendantistes, s’il est souhaitable que Flandres et Wallonie deviennent des nations indépendantes, Bruxelles - aujourd’hui enclave à prédominance francophone dans la région flamande - obtiendrait un statut... du type Washington D.C.

D’abord, selon leurs calculs, les 6 millions de Flamands sont saignés à blanc par un transfert croissant de richesses qui maintient 3,2 millions de Wallons dans un état d’assistanat. La Flandre contribuerait ainsi à hauteur de 10,4 milliards d’euros par an : 2 milliards pour Bruxelles et 8 pour la Wallonie, soit près de 1 800 euros par an et par Flamand, ou 6,6 % du PIB flamand. Ce chiffre a été fortement revu à la baisse par la Fédération des entreprises belges (FEB) qui s’oppose au dépècement du pays.

L’exemple reste mal choisi car, à titre de comparaison, l’Île-de-France transfère 6 % de sa richesse aux autres régions françaises, tandis que Midi-Pyrénées reçoit 6 %. En Angleterre, le Pays de Galles reçoit 11 %, alors que l’Allemagne de l’Ouest ne verse qu’une misérable 4 % à l’ex-Allemagne de l’Est avec les résultats peu reluisants que l’on connaît.

« La solidarité est une bonne chose, explique le groupe, mais celle-ci est excessive. Elle permet à la Wallonie de maintenir un taux de chômage de 20 % et d’occuper 10 % de sa population active dans des emplois publics inutiles. »

Plus important que les statistiques est le fait que « In de Warande » reproduit l’argumentaire de The Size of Nations : l’Union européenne ne rend pas seulement possible l’indépendance des Flandres et de la Wallonie, elle les incite fortement à évoluer dans cette direction. D’une part, les autorités européennes se sont déjà substituées à l’autorité nationale belge dans divers domaines et offrent à chaque pays, aussi petit soit-il, un marché de biens et de services. L’introduction de l’euro a également levé l’obstacle qu’aurait pu constituer l’impératif monétaire d’un petit pays obligé de battre monnaie. D’autre part, le principe de subsidiarité incite l’UE à accorder plus de prérogatives à des niveaux d’administration plus homogène. C’est donc l’évidence : l’intégration économique conduit à la désintégration politique et la mondialisation réduira la taille des entités politiques.

Banquiers et indépendantistes

D’où sort donc ce groupe ? Fondé par René de Feyter, ancien administrateur délégué de l’Union économique flamande (VEV), « In de Warande » est constitué d’une cinquantaine d’hommes d’affaires dirigées par le banquier Rémi Vermeiren, ancien patron de la KBC Banque & Assurance, grand spécialiste des produits dérivés. Parmi ses nombreux mandats, il est administrateur, aux côtés du vicomte Etienne Davignon, d’une société minière spécialisée dans le cuivre, née d’une scission avec Umicore, l’héritière de l’Union minière de la Société générale au Congo belge.

Si l’on compte essentiellement parmi ses membres des hommes d’affaires, on y trouve également quelques figures historiques du mouvement indépendantiste flamand tel que Bruno Valkeniers, un élu du Vlaams Belang (ex-Vlaams Blok ou VB) ou encore l’universitaire Mathias Storme, qui tout comme Jan Jambon, est membre du parti politique Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), le nouveau nom de l’ancienne Volksunie.

Le N-VA a quasiment fait du livre The Size of Nations son programme électoral. Au colloque du parlement flamand « La Flandre en Europe », le 11 juin 2005 à Bruxelles, Enrico Spolaore (l’un des auteurs) ouvrait les travaux. Lors du débat, Bart de Wever, le président de N-VA, affirmait que « le romantisme est important, mais ne convainc pas les jeunes Flamands au XXIe siècle. Nous devons rationaliser notre discours », (c’est-à-dire parler à la cupidité bien moderne...). En tout cas, la démocratie chrétienne, en formant un cartel électoral avec le N-VA (forcément plus fréquentable que les « affreux » d’un Vlaams Belang xénophobe) a été entraînée dans le maelström du séparatisme. En Flandres, le cartel CD&V/N-VA, sous la direction d’Yves Leterne, a obtenu d’excellents scores aux élections de 2004 et fut le grand vainqueur aux élections fédérales du 10 juin 2007. Cette victoire a conduit le roi à désigner, pour former un gouvernement, Yves Leterne, un homme qui affirme que la Belgique n’est qu’un « accident dans l’histoire » et qui chante La Marseillaise quand on lui demande d’entonner l’hymne national...

Bye-Bye Belgium

3) En face, en image miroir, ces développements ont provoqué le désarroi parmi les politiciens wallons divisés entre fédéralistes, indépendantistes et rattachistes ultra minoritaires, mais influents.

Peuplée de cobayes humains, la Belgique offre assez souvent à l’oligarchie un laboratoire permettant des expériences sociologiques, grandeur nature et en temps réel. Ce fut le cas lors de la scandaleuse émission de « politique-fiction » de la télévision francophone RTBF du 13 décembre 2006, intitulée Tout ça (nous rendra pas la Belgique).

L’ayant préparée durant deux ans dans le plus grand secret sous les noms de code « Karine et Rebecca » et « BBB » [Bye-bye Belgium], les journalistes du JT annonçaient, images truquées à l’appui, que le parlement flamand venait de voter sa sécession d’avec le royaume de Belgique, provoquant plusieurs milliers d’appels téléphoniques et forçant l’intervention du ministère qui découvrait l’émission après coup.

Le scénario était calqué sur celui du livre de Philippe Dutilleul, publié lui aussi en 2006 aux éditions Labor, la prestigieuse maison d’édition francophone belge. Labor, qui publie Bakounine et Michel Onfray, édite aussi les livres du rattachiste militant, le baron Paul-Henry Gendebien. Cet ancien député belge fut une des figures historiques du fédéralisme en Belgique. Dans France-Soir, il déclara qu’il est sûr que la Wallonie trouvera dans la France un bon pays d’accueil car « par le passé, plusieurs personnalités se sont prononcées en faveur de l’intégration au cas où la Belgique disparaîtrait, des gens comme le général de Gaulle ou Pierre Mesmer. Aujourd’hui, nous avons des contacts avec des responsables politiques de droite ou de gauche. La France respecte pour le moment sa position classique : non-ingérence, mais non-indifférence, comme pour le Québec. La classe politique française ne pourra pas longtemps faire semblant d’ignorer ce qui se passe à sa frontière, et elle doit déjà se préparer aux différentes hypothèses. Je pense même que ce sera le dossier principal de la présidence européenne de Nicolas Sarkozy qui commence en 2008. » Dutilleul, interrogé à son tour par France-Soir, va encore plus loin et n’exclut pas le rattachement de la Wallonie au Luxembourg, soit comme un tout, soit partiellement, selon la volonté des habitants.

L’Economist de Londres, qui a bien accueilli The Size of Nations, constatant cyniquement l’impasse survenue après trois mois d’efforts en vue d’un nouveau gouvernement belge, affirme sans rougir que « le pays est devenu une monstruosité de la nature, un Etat où le pouvoir est tellement sous-délégué que le gouvernement est un vide que l’on tient en horreur. En bref, la Belgique a servi son objectif. Un divorce praline est à l’ordre du jour ».

Il est temps de lire ou de relire Friedrich Schiller

La vraie question aujourd’hui n’est pas l’indépendance ou le statu quo, mais quelle mission pour nos populations. Allons-nous participer à une reprise économique mondiale remettant l’homme au centre de notre société, ou devenir une myriade de sous-régions « low cost » en compétition les unes avec les autres au grand bénéfice d’une oligarchie à la dérive.

Au lieu de courber l’échine devant les tenants de l’empire de la mondialisation, présentons un grand dessein pour ce pays qui fut l’un des berceaux de l’humanisme, qui est riche en productivité et qui a toujours été un espace de dialogue de cultures et de civilisations.

Relisez le grand « poète de la liberté », l’Allemand Friedrich Schiller, qui, dans une annexe à son essai sur « la révolte des Pays-Bas » (La Chute d’Anvers), démontra déjà comment la cupidité de quelques marchands flamands avait fait échouer la naissance d’un grand Etat nation à la fin du XVIe siècle.

Karel Vereycken

(1) The Size of Nation

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08/07/2008

[Edvige is watching you]

par Dedalus, publié par Agoravox le 8 juillet'08

Un décret publié le 1er juillet 2008 au Journal officiel institue un nouveau fichier dénommé Edvige, organisant le fichage généralisé et systématique de « toutes personnes âgée de 13 ans et plus » « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». En clair, tous les citoyens ayant un jour souhaité s’investir pour leur cité !

Le 27 juin 2008, en France, le décret n° 2008-632 officialise la « création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé Edvige ». Il s’agit en particulier :
  • dans l’article 1 - De centraliser et d’analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs responsabilités ;

  • dans l’article 2 - les catégories de données à caractère personnel enregistrées dans le traitement mentionné à l’article 1er et concernant des personnes physiques âgées de 13 ans et plus sont les suivantes :

    • informations ayant trait à l’état civil et à la profession ;

    • adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;

    • signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ;

    • titres d’identité ;

    • immatriculation des véhicules ;

    • informations fiscales et patrimoniales ;

    • déplacements et antécédents judiciaires ;

    • etc.

La création de ce fichier est une scandaleuse atteinte aux libertés individuelles. Nous entrons là tout bonnement dans l’ère de la suspicion généralisée. Un homme ou une femme ne sera plus fiché après avoir commis un crime ou un délit, mais parce que, au motif qu’il s’est citoyennement impliqué, il devient suspect de pouvoir un jour porter atteinte à l’ordre public. Le coup est dur pour la démocratie, tant il est aisé d’imaginer les dérives totalitaires inhérentes à un tel dispositif. Les réactions sont à la hauteur de la gravité de la situation qui est ainsi créée :

Pour la Ligue des droits de l’homme, "il ne s’agit plus (...) de ficher les auteurs d’infractions constatées, mais, comme pour la rétention de sûreté, de cibler ceux que l’on étiquette d’avance comme de futurs délinquants hypothétiques. Le soupçon préventif suffit à justifier le fichage".

Pour le Syndicat de la magistrature, "cette dimension nouvelle du fichage politique introduit, au prétexte toujours bien commode de l’ordre public, un moyen puissant de dissuasion de toute forme de contestation ou d’opposition citoyenne" et parle d’un "fichier d’inspiration anti-démocratique".

Du côté de la CGT, on dénonce "une démarche portant atteinte aux libertés individuelles et collectives", tandis que le SNPES-FSU, principal syndicat de la protection judiciaire de la jeunesse, souligne le fait que "sans qu’aucune infraction ne soit commise, des mineurs dès 13 ans seront fichés en raison de leur ’activité’ individuelle ou collective, sans aucune définition ni encadrement juridique de cette activité". Pour ce même syndicat c’est "la répression de l’action politique et syndicale et sa pénalisation éventuelle qui s’organisent".

Et l’Union syndicale solidaires enfonce le clou : "Après un arsenal de lois liberticides, prévention de la délinquance, peines planchers, rétention de sûreté, lois sur l’immigration..., après un train de réformes anti-sociales (retraites, protection sociale, chasse aux chômeurs...), le gouvernement se dote clairement de l’outil de contrôle et de dissuasion des éventuelles résistances à ces mesures. En fichant les individus susceptibles de porter atteinte à l’ordre public (donc nul besoin de fait avéré, la suspicion suffit) à partir de 13 ans, le gouvernement choisit une nouvelle fois la réponse sécuritaire à une dégradation générale de la situation sociale et aux résistances collectives".

Combien de temps les Français vont-ils supporter ça ? Quand allons-nous vraiment nous réveiller ? Ils argumenteront, joueront les naïfs, nous diront que c’est là le prix dérisoire de notre sécurité à tous, qu’il nous faut à la fin savoir ce que l’on veut. Pourtant, l’engrenage est connu. Nous savons à quoi toujours ont mené ces petits renoncements à nos libertés, ces petites concessions successives consenties en échange de la promesse de plus de sécurité. Nous savons vers quoi nous nous dirigeons lorsque nous nous laissons conduire par la peur et par ceux dont nos peurs sont le fonds de commerce, ces marchands de sécurité qui nous imposent de nous taire pour nous protéger. Oui, nous les connaissons bien, pourtant, les germes du totalitarisme.

Je les entends déjà, ceux qui parleront de dramatisation excessive, de diabolisation et d’antisarkozisme primaire. Car tout le monde le sait bien, Sarkozy est un démocrate, il ne va pas soudain se muer en dictateur. Sans doute, peut-être, et puis on ne peut jamais jurer de rien ni de personne. Mais surtout, si ce n’est lui, ce sera son successeur, ou le successeur de son successeur. Peu importe quand cela se produira, car quand cela se produira c’est que tout aura déjà été mis en place, qu’il ne suffisait plus que d’actionner les boutons.

C’est que la dictature se nourrit de l’orgueil de la démocratie et des petits arrangements successifs qu’elle prend avec elle-même, persuadée qu’elle est qu’elle durera toujours et que le pire ne saurait survenir qui l’abolirait. C’est que ces petits arrangements, ces petites concessions que l’on supporte, elles ne sont rien d’autres que les métastases de la démocratie, son cancer qui progresse.

Source originelle de l'article

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04/07/2008

[I.Betancourt libérée suite à des transactions avec les FARC]

par "eitb" le 2 juillet'08

Ingrid Bétancourt et 14 autres otages ont été libérés par une opération de l'armée colombienne, suite à une rencontre la veille entre le nouveau chef des Farc, le Français Noel Saenz, et un diplomate suisse.

L'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, les trois otages Américains et onze militaires colombiens ont été libérés lors d'une opération héliportée de l'armée colombienne, a annoncé ce mercredi soir à Bogota le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos.

Onze militaires colombiens, principalement des officiers, ont également pu retrouver la liberté lors de cette opération, menée dans la province de Guaviare, dans le sud-est de la Colombie, selon le ministre.
Les otages auraient été libérés lors d'une opération militaire d'infiltration des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), a précisé le ministre de la Défense.

Ingrid Betancourt, 46 ans, ex-candidate écologiste à la présidence de la Colombie, était otage des Farc depuis plus de six ans.

Ce que l'on sait déjà de la libération d'Ingrid Bétancourt

Plus qu'une opération militaire qui relèverait d'un scénario de thriller militaire, cette libération serait donc survenue après de discrètes transactions menées la veille entre deux émissaires européens, Noel Saenz (ex-consul français en Colombie) pour la France et Jean-Pierre Gontard pour la Suisse : le gouvernement colombien vient effectivement de confirmer qu'une rencontre avait eu lieu dans la nuit du 30 juin au 1er juillet avec Alfonso Cano, le nouveau Chef des FARC, dans les montagnes

A la radio colombienne, le Secrétaire de Presse du Gouvernement César Mauricio Velásquez avait confirmé aujourd'hui la présence des deux délégués européens pour la prise de contacts avec le leader des FARC, Alfonso Cano, pour trouver "un accord humanitaire".

Une rencontre que le Ministre des Affaires étrangères a lui aussi confirmée dans la journée, ce qui signifierait une victoire importante de la diplomatie européenne dans ce dossier embourbé depuis de longues années.

Arrivés une semaine auparavant dans la plus grande discrétion (pour une fois), seul le Ministre de la Paix aurait été tout d'abord informé de cette mission suivie de près également par l'Espagne.
L'échange des otages aurait pu être négocié contre l'asile politique en France et une prime importante.
En France, l'Assemblée Nationale, mais aussi la plupart des Chefs d'Etat européens et latino-américains ont accueilli avec joie et soulagement la nouvelle de cette libération.

Pour l'instant, le Président colombien préfère s'en tenir à la version d'un audacieux sauvetage d'infiltration.

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03/07/2008

[Les FARC avaient annoncé la libération des otages...]

par Pascual Serrano, publié par Vive TV Venezuela [traduction google - version originale en espagnol] le 3 juillet'08

Les FARC avaient prévenu des délégués délégués européens de leur volonté de libérer les otages.


Bien que le ministre de la Défense colombien Juan Manuel Santos, a présenté comme une brillante opération de renseignement militaire de libération d'Ingrid Betancourt et de quatorze autres enlevés par les FARC, la réalité est qu'il a été précisément lorsque deux délégués européens, Suisses et français Noël Saez Jean-Pierre Gontard, avait pris contact avec les dirigeants de la guérilla à la libération. Les FARC ont déjà fait part de son intention à cet égard, et le gouvernement avait autorisé les contacts, qui est étroitement surveillé.

Le Juillet 1, un communiqué lu par la presse colombienne exécutif secrétaire du palais présidentiel, Cesar Mauricio Velasquez, a noté que deux délégués européens se sont joints aux derniers jours en Colombie et a demandé au gouvernement l'autorisation de se rendre à cette réunion directement avec le secrétariat (dôme) des FARC, que le gouvernement l'autorisation.

En outre, le quotidien espagnol El Pais cette question reflète le même jour 1:

Bogota a autorisé la réunion de deux négociateurs européens à discuter des conditions pour les prochaines réunions pour discuter de l'avenir des personnes enlevées par les FARC, selon les médias colombiens ont signalé. L'ancien consul français à Bogota, Noël Saenz et le diplomate suisse, Jean-Pierre Gontard a quitté début de week-end dernier à un point de rencontre dans les montagnes que le gouvernement n'a pas fourni et pourraient avoir déjà rencontré des membres du Secrétariat la guérilla, le principal organe directeur, et même avec le nouveau dirigeant des FARC, Alonso Cano.

Selon ce journal:

Les FARC se sont déclarés prêts à racheter une participation de 40 personnes enlevées, y compris Betancourt (avec aussi la nationalité française), trois Américains, ainsi que d'autres hommes politiques, des policiers et des membres de l'armée colombienne, pour près de 500 guérilleros emprisonnés. Parmi les prisonniers qui aspirent à échanger les FARC, sont trois extradé vers les États-Unis. L'un d'entre eux, Ovidio Ricardo Palmera, Simon Trinidad.

Selon quotidien français Le Figaro, les émissaires français, Noël Saez, et la Suisse, Jean-Pierre Gontard, se sont réunis en dernier dimanche ou lundi dans la jungle colombienne avec une personne à côté du nouveau chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie ( FARC), Alfonso Cano.

Déjà deux semaines avant, des sources proches de Elysee indiqué que la France avait pris contact avec le nouveau secrétariat des FARC, tandis que l'ambassadeur de France en Colombie a nié ensuite.

En Colombie, journal El Tiempo, proches du gouvernement, a reconnu que deux délégués internationaux auraient pu être réunis avec Alfonso Cano:

Les gestionnaires sont le français et suisses Noel Saez Jean-Pierre Gontard, autorisé par le gouvernement pour les efforts avec le groupe subversif qui cherchent à libérer les otages.
Une source de la Casa de Nariño a confirmé que "depuis il ya trois jours, les deux Européens ont commencé le voyage de concrétiser la réunion" dans une zone non identifiés.

La même source n'a pas l'article qui a été la rencontre avec le chef de guérilla qui remplacé Manuel Marulanda Velez "Tirofijo", qui est mort Mars dernier.

Cela signifie que les canaux de communication les FARC, pratiquement fermé après la mort de "Raul Reyes" dernière première de Mars, ont commencé à ouvrir à nouveau.

Gouvernement a donné des assurances

"Le gouvernement est d'assurer les deux animateurs progrès vers ces contacts. Ils ont eu égard aux installations pour lesquelles la réunion a été couronnée de succès», at-il déclaré.

Depuis la Casa de Nariño a également indiqué que les deux diplomates les iban une demande aux FARC d'accepter la proposition d'une réunion zone pour l'initiation de dialogues sur un éventuel échange humanitaire.

La version du gouvernement colombien sur cette publication est que les militaires infiltré la guérilla avait trompés le commandant des FARC César pour se concentrer en attente et les télécharger sur un hélicoptère qui s'est avérée être camouflé armée, en donnant l'impression que la guérilla commande est dirigée à l'endroit où a été Alfonso Cano, chef maximale des FARC. La question qui pèse sur cette version est de savoir si la guérilla garde les personnes enlevées avaient déjà des lignes directrices pour une libération imminente, et, par conséquent, sa facilité et naïve volonté de collaborer à un tel transfert suspect. Ou dans quelle mesure la libération avait déjà été convenu entre les dirigeants des FARC et les médiateurs envoyés par la France et, à la dernière minute, l'armée colombienne a intercepté la version à être présentée comme une opération militaire réussie.

En réalité, il serait une opération similaire à celle où l'attentat s'est produit à Camp Raul Reyes en Équateur. A cette occasion, le gouvernement colombien savait que se préparait la libération, préférant éliminer militairement la guérilla porte-parole communiqué que, bien que l'avortement, que, dans ce cas les pilotes avaient intercepté à présent la libération comme un succès que militaires et le gouvernement.
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30/06/2008

[La « bande » a bon dos]

Carte blanche signée par une centaine de personnalités du monde académique, associatif, artistique, syndical, journalistique et politique, publiée dans "La Libre Belgique" le 28 juin'08

Un nouveau pétard mouillé pour justifier les lois liberticides

Le 5 juin, la Belgique était tirée du sommeil par une nouvelle « alerte terroriste ». Quelques personnes avaient été réveillées un peu plus tôt. A 5h, des unités « anti-terroristes » débarquaient chez Wahoub Fayoumi, Pierre Carette, Betrand Sassoye, Virgine D. (relâchée le soir même) et Constant Hormans pour les appréhender et perquisitionner chez eux. Abdallah Ibrahim Abdallah, lui aussi recherché, se rendit de lui-même au commissariat. Le 6 juin, c’était au tour de Jean-François Legros d’être interpellé.

Des arrestations sans convocation préalable, menées par des policiers cagoulés, armés et n’hésitant pas à braquer leurs armes sur des mineurs. PC, GSM et quantité de documents saisis. Ecoutes téléphoniques, surveillance des déplacements et des comptes bancaires. Des « suspects » transportés, sirènes hurlantes, visage masqué et menottes aux poings vers un lieu secret, sans possibilité de contact avec leurs proches ni avec des avocats, soumis à un régime de détention spécial… Ces méthodes laissaient entendre que de dangereux individus auraient été interceptés.

Au compte-gouttes, le Parquet fédéral divulgua des « informations » dont le relais médiatique suscita des interprétations délirantes, nourries d’amalgames, d’anachronismes, de sensationnalisme et de fantasmes. Il fût ainsi question de deux anciens membres des CCC qui n’auraient pas respecté leurs conditions de libération et auraient eu l’intention de se reformer ou de « replonger dans le terrorisme » via une organisation italienne — qui n’existe pas en tant que telle et qui n’a fait l’objet d’aucune condamnation (c’est l’hypothétique intention de créer cette organisation qui est à l’instruction en Italie). Le scénario de tous les dangers fut entretenu par les descriptions des autres personnes interpellées : deux redoutables « grands bandits » et un mystérieux « Libanais », une journaliste présentée par pure spéculation comme la compagne de Carette. Selon l’hypothèse du Parquet fédéral, des explosifs auraient été retrouvés dans la « planque » de Sassoye ; une réunion aurait rassemblé les « suspects » et des « terroristes » italiens ; la justice italienne aurait transmis des écoutes téléphoniques compromettant les militants belges ; des courriels émis par Sassoye étaient cryptés…

Mais ces « preuves » ne résistent pas à l’analyse. Et les pièces du « dossier terroriste » s’écroulent les unes après les autres…

Les CCC n’existent plus depuis 1986. Les faits et gestes de leurs ex-militants sont connus de tous, notamment de leurs agents de probation qui n’ont jamais signalé de contravention à leurs conditions de libération. Carette, mis dans le même panier que Sassoye pour créer l’amalgame « CCC », n’est en fait pas lié à l’enquête qui a suscité les arrestations. Il a d’ailleurs été libéré ce 18 juin par le tribunal d’application des peines.

Les « explosifs » trouvés lors de la perquisition à la brasserie où travaille Sassoye n’étaient que de simples feux d'artifice achetés pour une fête de mariage.

La « réunion » où certains inculpés auraient rencontré des « terroristes » italiens s’est avérée une conférence publique dans un café du centre-ville dont la vidéo a été postée par ses organisateurs sur Internet.

Les écoutes téléphoniques italiennes relatives aux militants belges semblent en réalité n’avoir jamais existé : la justice italienne a seulement transmis des comptes rendus « d’écoutes d’environnement » dans un café, où sont évoqués des « flamands efficaces » sans aucun nom cité. Aucun des arrêtés de juin n’est d’ailleurs néerlandophone.

Quant au cryptage des courriels, il s’agit d’un procédé non seulement légal, mais aussi conseillé face au piratage et pratiqué par des banques, des ONG…

Il apparaît que les données rassemblées et la surveillance intrusive effectuée pendant un an grâce aux « méthodes particulières de recherche » n’ont pas révélé un seul élément justifiant cette opération musclée. Rien, si ce n’est quatre photos d’identité retrouvées sous des salades en Italie. Rien qui légitime arrestation ou détention préventive : une simple convocation par la juge aurait suffi.

C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé la Chambre du conseil le 11 juin et la chambre des mises en accusation le 26 juin en décidant de libérer trois des quatre inculpés. Mais par l’acharnement du Parquet, qui « veut donner une chance à l’enquête » (sic), quatre personnes restent poursuivies et l’une d’entre elle (Sassoye) est toujours incarcérée. Toute ressemblance avec l’affaire DHKP-C – qui malgré les acquittements se voit repartie pour être jugée une quatrième fois – est purement fortuite…

Pour nous, la question n’est pas de se positionner par rapport aux idées défendues par ces cinq personnes. Leur organisation (Secours Rouge) développe des activités publiques et légales de solidarité avec des victimes de la répression politique. Leur démarche s’inscrit dans une optique marxiste mais, jusqu’à nouvel ordre, cela n’est pas (encore) illicite dans un Etat de droit.

Nous ne pouvons accepter la répression de ces militants en raison de leurs seules idées et sympathies, pas plus que le message adressé à la population sur leur dos. La justice n’a rien à leur reprocher, si ce n’est des « délits » d’opinion, de solidarité et d’association, institués par les lois anti-terroristes en vigueur depuis 2003, alors que la Constitution et les conventions internationales garantissent ces droits fondamentaux.

Il serait aussi trop facile de se désintéresser du sort des « cinq solidaires » sous prétexte du passé judiciaire de certains. Ils ont été jugés et la justice ne revient pas sur la chose jugée. Ressortir leur passé aujourd’hui n’a d’autre objectif que d’effrayer la population autour d’un scénario monté de toutes pièces par le Parquet fédéral.

Il faut arrêter cette nouvelle mise en scène menée au nom de la « lutte anti-terroriste ». On se rappellera que, jusqu’ici, toutes les menaces invoquées à ce titre se sont révélées inconsistantes (la dernière en date étant l’alerte de niveau 4 qui a perturbé les fêtes de fin d’année). Les premières affaires montrent que le Parquet a d’abord essayé d’asseoir la légitimité de ces dispositifs en s’attaquant à des figures supposées moins populaires : communistes, étrangers, musulmans ou anciens auteurs de faits d’armes. S’agirait-il d’inquiéter la population pour mieux pouvoir la rassurer ensuite et justifier les dispositifs non démocratiques et les budgets colossaux déployés au nom du contrôle des populations et de la guerre au terrorisme ?

Les lois anti-terroristes sont des lois d’exception, liberticides. Elles permettent de criminaliser l’opinion politique, le militantisme et la solidarité. De plus, elles sont superflues : les actes qu’elles sont censées réprimer le sont déjà par d’autres dispositions du droit pénal. Ces lois sont dangereuses et produisent des effets néfastes, actuellement bien plus que les prétendues menaces terroristes. Si nous ne réagissons pas, ce sera demain n’importe quelle organisation politique, syndicale, non gouvernementale ou altermondialiste, n’importe quel citoyen engagé ou ayant simplement parlé au cousin de la belle-sœur de l'oncle d'un suspect lointain qui pourra être surveillé, qualifié de terroriste et arrêté.

Listes des premiers signataires
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20/06/2008

[Carte blanche pour Bertrand Sassoye]

par Robert Van Craen. (Gérant de la brasserie "Verschueren ")

Merci aux initiateurs de cette conférence de presse, organisée dans les locaux de la Ligue des Droits de l'Homme, me permettant ainsi de m'exprimer en tant qu'employeur de Bertrand Sassoye.

Bertrand travaille depuis plus de cinq ans à la " Brasserie Verschueren ". Il m'avait été recommandé par un ami pour occuper un poste qui se libérait.
Je connaissais son parcours. Je ne connaissais pas l'homme. Je l'ai engagé.
Il avait été convenu que pour faciliter l'insertion de Bertrand je jouerais l'innocent et lui l'inconnu.

Cette rencontre allait, au fil du temps, amener Bertrand à réaliser ce que je n'étais pas parvenu à faire en 25 ans malgré tous mes diplômes : construire une paix, la paix sociale.
Cette paix a été construite sans discours politique ni bourrage de crâne idéologique, juste une constatation évidente, nous devions tous travailler et étions donc dans l'obligation de passer beaucoup de temps tous ensemble.
Notre politique a été l'échange de ce temps de travail avec la maximalisation du respect. Mon rôle était de trouver l'équilibre financier, le sien d'augmenter le bien être social par les acquis sociaux et l'amélioration de l'environnement du travail.
Cela donnait, pour moi, des situations inattendues.Venir me demander d'augmenter le prix du café pour financer une avancée sociale. Soutenue par le personnel, cette augmentation passait comme une lettre à la poste.
Nous avons ainsi monté un fonds de solidarité pour venir en aide à nos travailleurs face à des difficultés financières. Nous pouvions ainsi octroyer des micros crédits au personnel ; par exemple pour payer une garantie locative ou un achat nécessaire.
Une demi journée par semaine, Bertrand se mettait à la disposition du personnel pour résoudre des problèmes administratifs qui leurs étaient propres. Il veillait aussi à ce que tous les contrats de travail (plus de 25) soient en ordre et correctement enregistrés. Cela nous a aussi amenés à une situation cocasse : nous avons eu un contrôle de l'inspection sociale par un inspecteur qui nous a demandé d'arrêter d'envoyer le double des contrats - pourtant une obligation légale- car il ne savait plus ou les mettre, et que si toutes les sociétés le faisaient, il faudrait construire un bâtiment pour les entreposer.
Apparemment, et dans ce cas malheureusement pour lui, il n'aurait pas eu les mêmes rigueurs face aux règles administratives qui le liaient à sa " liberté conditionnelle ". Voila plus de 7 ans qu'il est sorti. Deux ans encore et il retrouvait une liberté sans plus de conditionnelle. Il aurait levé sa garde par la banalisation des règles administratives. Mais personne ne s'est gardé de les lui rappeler. Personne de l'administration n'a bougé. Jusqu'à ce jeudi matin.

Notre microsystème a basculé un jeudi matin de mai à 5h30. La Brasserie est perquisitionnée par une cellule d'experts cagoulés portant gilet pare balle et mitraillette. Et Bertrand est arrêté bandeau sur les yeux et menotté dans le dos .Virginie, notre collaboratrice et amie intime de Bertrand subit le même sort. Tout notre matériel informatique est saisi. Le personnel du Verschu est décapité, son patron dépité.
Le lendemain la presse présente Bertrand comme un terroriste, Constant comme un truand et Jean François comme un psychopathe dangereux. Abdel, le libanais, ils ne savent pas trop et Wahoub, journaliste à la RTBF, sont également arrêtés. Le jour même le contrat de travail de Wahoub est suspendu.
Dans certains médias la " Brasserie Verschueren " passe pour un café d'extrême gauche qui abriterait une organisation douteuse appelée Secours Rouge.
Jusqu'a ce fameux matin, le Secours Rouge représentait, certains soirs, 2 tables au Verschu à côté de la table d'une compagnie de danse, à côté de la table des dessinateurs d'un magazine pour enfant, à côté de la table du personnel d'un centre culturel francophone qui jouxte la table d'un centre culturel flamand, à côté de nombreux théâtreux et à côté de quelques uns qui ont rêvé l'Union St Gilloise en première division.
Et tout cela cohabite dans cette magnifique Brasserie, classée par les monuments et sites, grâce au fait que nous respectons et défendons la diversité culturelle et la pluralité des idées.
J'attends maintenant une réponse qui me viendra de la justice belge ; si Bertrand Sassoye est déclaré coupable en vertu des lois anti-terroristes, déjà mises en application en Italie, ne doit on pas m'arrêter pour mes sympathies publiques, à l'homme qu'est devenu Bertrand Sassoye.

Robert Van Craen
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